Le président de la République, Félix Tshisekedi, a tenu une conférence de presse mercredi 6 mai à Kinshasa, au cours de laquelle il a abordé plusieurs questions politiques majeures, dont la perspective d’un troisième mandat, une éventuelle révision de la Constitution et l’organisation des élections prévues en 2028.
Sur son avenir politique, le chef de l’État a déclaré qu’il pourrait envisager un nouveau mandat « si le peuple le veut », une position qui relance déjà le débat sur la limitation des mandats présidentiels dans le pays.
Par ailleurs, Félix Tshisekedi s’est également dit ouvert à une réflexion sur une révision de la Constitution par voie référendaire.
Il a rappelé que cette question s’inscrit, selon lui, dans la continuité des positions historiques de son parti, l’UDPS, qui avait plaidé dès 2006 pour une modification de la Loi fondamentale une fois au pouvoir.
Le président a toutefois insisté sur la nécessité d’un débat « sérieux, transparent et méthodique », appelant à éviter toute « caricature » ou « confiscation » des discussions sur les questions d’intérêt national.
Élections de 2028 : la sécurité dans l’Est en ligne de mire
Abordant la perspective des élections de 2028, le président a établi un lien direct avec la situation sécuritaire dans l’est du pays. Il a estimé qu’aucun scrutin ne pourrait être organisé sans le retour de la stabilité dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
« Pas d’élections sans le Nord et le Sud-Kivu », a-t-il martelé, avertissant que la persistance du conflit armé pourrait compromettre le processus électoral.
Réaction de Claudel Lubaya : rejet d’un troisième mandat
Ces déclarations ont suscité une réaction dans l’opposition. L’opposant Claudel Lubaya a rejeté toute perspective de troisième mandat, estimant qu’aucune volonté populaire ne peut justifier une violation de la Constitution.
« Ni mission, ni troisième mandat », a-t-il déclaré, affirmant que la Loi fondamentale encadre strictement sa propre révision, notamment à travers l’article 218, et qu’elle impose son respect à toutes les institutions.
Claudel Lubaya a également rappelé que certaines dispositions constitutionnelles sont intangibles, conformément à l’article 220, et que leur remise en cause pourrait relever de la haute trahison au regard des articles 164 et 165.
A l’en croire, invoquer la volonté du peuple pour contourner les dispositions constitutionnelles constitue une « duperie » politique.
Ces prises de position du chef de l’État et les réactions de l’opposition ravivent le débat sur la gouvernance institutionnelle, les limites constitutionnelles des mandats et les conditions sécuritaires nécessaires à la tenue des élections de 2028 en République démocratique du Congo.
Eldad B.
