Les commémorations de 2025 du génocide perpétré contre les Tutsis et les Hutus modérés au Rwanda en 1994 ont été lancées ce lundi 7 avril. Mais cette année, le président Paul Kagame a également profité de son discours au mémorial national de Gisozi pour dénoncer les critiques et accusations visant son pays dans le cadre du conflit qui déchire l’est de la République démocratique du Congo voisine.
Un passé sombre et un présent cruel : pour le président rwandais, l’un ne va pas sans l’autre, et les Rwandais doivent choisir entre résister ou subir. Il affirme que le Rwanda ne pliera pas face à des mesures punitives.
« Si quelqu’un se présente et dit qu’il veut nous sanctionner, qu’il aille en enfer. Qu’il aille simplement en enfer. Vous avez vos propres problèmes à gérer ? Allez vous en occuper et laissez-moi m’occuper des miens. C’est dans cet esprit, je pense, que les Rwandais doivent aborder leur vie quotidienne », a-t-il déclaré.
Dans le conflit qui secoue l’est de la RDC, le président affirme que le narratif dominant cherche à faire passer les victimes pour des bourreaux. Il rejette les accusations portées contre le Rwanda et dénonce des discours de haine ainsi qu’une stigmatisation des Tutsis congolais.
Au mémorial national de Gisozi, Paul Kagame a allumé, dans la matinée du lundi 7 avril, la flamme du souvenir, un geste marquant le début des 100 jours annuels de commémorations en hommage aux victimes du génocide.
Après la cérémonie officielle, plus de 2 000 jeunes ont entamé une marche du souvenir à Kigali, un moment symbolique pour Nathanael Mugisha :
« Pour avancer, nous devons savoir ce qu’il s’est passé, comprendre d’où vient le pays et vers où il se dirige. Il est donc essentiel, en tant que jeunes, d’être présents, d’apprendre l’histoire de notre pays et de mieux le connaître. »
La marche a été suivie d’une veillée nocturne au stade BK Arena, illuminé par des bougies portées par tous les participants, en hommage aux victimes du génocide.
RFI / MCP, via mediacongo.net
