Le Fonds national de réparation des victimes des violences sexuelles liées aux conflits (FONAREV) organise une table ronde du 31 mars au 3 avril pour aborder deux axes principaux : l’appropriation du concept de Génocost par les Congolais, en lien avec les mobilisations nationales, et la reconnaissance internationale du génocide congolais, qualifié de « génocide pour des gains économiques » (Génocost).
Lors de l’ouverture de ces assises, hier lundi 31 mars, au Centre culturel international de Kinshasa, le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, a pointé du doigt le rôle du Rwanda et de l’AFC/M23 dans les atrocités à l’Est de la RDC, tout en dénonçant plus de 10 millions de morts ces dernières décennies.
« Face à ces crimes atroces, longtemps ignorés ou minimisés par la communauté internationale, la vérité commence enfin à émerger. Divers rapports détaillés des Nations Unies, incontestables, ont clairement établi la réalité d’innombrables crimes et de violations massives des droits humains et du droit international humanitaire commis depuis 1993 sur le sol congolais », a déclaré le Chef de l’État congolais.
Et de renchérir : « Ces actes atroces, perpétrés directement ou indirectement par certains pays voisins, en particulier le Rwanda, à travers des forces négatives qu’il crée, forme, arme et soutient, ne laissent plus aucun doute quant à l’existence d’un véritable génocide. »
À en croire Félix Tshisekedi, la République démocratique du Congo, fidèle aux engagements internationaux pris, notamment à travers la Convention sur le génocide et le Statut de Rome, ne ménagera aucun effort pour que justice soit faite, pour que la dignité des victimes soit restaurée et pour que l’histoire véritable du pays soit enfin écrite par les Congolais eux-mêmes.
En outre, le Président Tshisekedi a rappelé qu’en date du 2 août 2023, il a présidé, non sans émotion et chagrin, mais surtout avec détermination et résilience, la première commémoration nationale d’une journée solennelle dédiée à la mémoire des dizaines de millions de Congolaises et Congolais victimes, au cours des dernières décennies, d’une barbarie et d’une cruauté indescriptibles.
À cette occasion, il a invité les forces vives de la République démocratique du Congo à œuvrer pour maintenir leur résilience face aux combats multiformes contre le destin du pays.
« Mes chers compatriotes, notre marche vers la vérité et la paix est semée d’embûches politiques, diplomatiques et idéologiques, mais elle est nécessaire et irréversible. Elle est portée par la résilience d’un peuple déterminé à triompher des ténèbres pour bâtir un avenir de paix, de justice et de dignité. Et nous devons tous y travailler. En ouvrant officiellement cette table ronde, je nous invite tous à être à la hauteur de cette responsabilité historique », a déclaré Félix Tshisekedi.
Dans son discours, le Chef de l’État Félix Tshisekedi a également annoncé la mise en place d’un groupe interdisciplinaire d’experts chargé d’évaluer les préjudices subis et les pertes humaines liées aux crimes de masse sur le territoire de la RDC.
Pour rappel, la commémoration, le vendredi 2 août 2024 à Kisangani, du deuxième anniversaire du Génocide congolais pour des gains économiques (GÉNOCOST) a été marquée par des témoignages de personnes ayant perdu des êtres chers, ainsi que des membres de leur corps et des opportunités, à la suite de différentes guerres.
Notons que le GÉNOCOST est une initiative de la Congolese Action Youth Platform (CAYP) [Ndlr : la plateforme d’actions de jeunes Congolais], mise en place pour la reconnaissance du génocide contre la population de la République démocratique du Congo. Cette campagne avait pour but la reconnaissance officielle de la date du 2 août comme un jour de commémoration en souvenir de tous ceux qui ont été perdus dans notre longue histoire de violence au Congo.
Par ailleurs, l’option de commémorer le génocide congolais pour des fins économiques a été levée lors de la 5e réunion du Conseil des ministres, présidée par le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, le vendredi 12 juillet 2024.
Eldad Bwetu
