Alors que les inondations ont transformé le boulevard Lumumba en véritable rivière, rendant impraticable l’une des principales voies d’accès à l’aéroport international de N’djili, les passagers se sont retrouvés dimanche face à une équation absurde : payer jusqu’à 200 dollars pour parcourir à peine quelques kilomètres.
Face à la paralysie routière, certains passagers en quête de solutions rapides ont opté pour un vol intérieur de Ndolo à N’djili. Un trajet aérien de… 5 minutes, vendu entre 120 et 150 USD. Une somme qui frôle le coût d’un vol régional, pour un déplacement qui, en temps normal, se ferait en voiture en une trentaine de minutes. “C’est du jamais vu”, soupire un passager. “Ça, c’est le Congo…”
Par ailleurs, d’autres voyageurs ont tenté la voie fluviale en embarquant sur des canots rapides censés relier Gombe à Kinkole ou N’Sele. L’un de ces canots, en panne au beau milieu du fleuve, a dérivé avant d’atteindre une terre inconnue. Chaque passager avait pourtant payé entre 150 et 200 USD pour ce service… pour finalement se retrouver livré à lui-même avec ses bagages.
Suite au tollé suscité par ces prix exorbitants, l’Office National des Transports (ONATRA) s’est dédouané, affirmant que ces “pratiques tarifaires abusives” étaient le fait de “certaines sociétés privées”. Officiellement, les tarifs fixés sont de 20 USD pour un trajet en grand bateau, et 100 USD pour un canot express.
La situation actuelle a profité clairement à certains opérateurs. La difficulté d’accès à l’aéroport a transformé la galère des passagers en opportunité juteuse. Une réalité que beaucoup dénoncent. “C’est un business sur notre dos”, lâche un autre passager, excédé par les tarifs faramineux et le manque de régulation.
E.B.
