La définition du pronom non binaire «iel» dans Le Petit Robert fait controverse

Sélection de la rédaction

Le pronom qui permet d’inclure une catégorie de personnes non-binaire, « iel », vient de gagner sa définition dans Le Petit Robert en ligne. Reflet d’un nouvel usage sociétal, hors militantisme, se défend le prestigieux dictionnaire. Pourtant, en deux temps -tout ce qu’il y a de plus binaire- trois mouvements, la polémique a pris.

Iel​​​ , iels​​​ : Pronom personnel sujet de la troisième personne du singulier et du pluriel, employé pour évoquer une personne quel que soit son genre. Voilà la nouvelle définition ajoutée dans Le Petit Robert en ligne qui fait polémique. Cette contraction de « il » et de « elle », deux pronoms personnels masculin et féminin, a été initiée par la communauté LGBTQI+ pour désigner les personnes non-binaires ne se reconnaissant pas exclusivement dans un genre -féminin ou masculin- voire aucun des deux.

« Le sens du mot  » iel  » ne se comprend pas à sa seule lecture – dans le jargon des lexicographes, on dit qu’il n’est pas  » transparent  » , et il nous est apparu utile de préciser son sens pour celles et ceux qui le croisent, qu’ils souhaitent l’employer ou au contraire… le rejeter », explique Charles Bimbenet, directeur général des Éditions Le Robert.

« L’écriture inclusive n’est pas l’avenir de la langue française »

Rejet immédiat, controverse… La classe politique a fait preuve de zèle devant ce pronom non binaire, comme le député LREM de l’Indre, François Jolivet, qui en appelle à l’Académie française et crie au « wokisme », épouvantail à la mode pour dénoncer les dérives d’un mouvement né aux États-Unis qui, à l’origine, s’intéresse à toutes les discriminations, qu’elles soient raciales, sexuelles ou religieuses. Le député a été rapidement soutenu par le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer qui assure que l’écriture inclusive n’est pas l’avenir de la langue française.

« N’en déplaise à certains, Le Robert n’a pas été subitement atteint de ’‘ wokisme ’’ aigu, un mot ‘‘ non transparent ’‘ dont nous vous promettons bientôt la définition », souligne, avec humour, Charles Bimbenet.

Définir les mots qui disent le monde, c’est aider à mieux le comprendre

Le débat ne peut-il pas au contraire prendre un peu de hauteur et d’envergure comme l’explique Marc-Olivier Loiseau, chercheur spécialiste de l’Histoire de la langue : « Cela peut ouvrir la discussion sur la non-binarité, comme cela a été le cas pour la féminisation des noms de métiers. Le fait d’en parler a entraîné des débats sur la place des femmes dans le monde du travail. »

« La mission du Robert est d’observer l’évolution d’une langue française en mouvement, diverse, et d’en rendre compte. Définir les mots qui disent le monde, c’est aider à mieux le comprendre. »
RFI

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

- Advertisement -spot_img

Les plus lus