Mboso, Bahati, Sama, Beya face à Ambongo : est-ce la paix des braves ?

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Une marche « pacifique » de protestation « contre la politisation » de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) samedi 13 novembre. Un sit-in devant le siège de la CENI sur le boulevard du 30 juin lundi 22 novembre. Un appel à une nouvelle marche de protestation samedi 27 novembre. Le « bloc patriotique » a fini par susciter des interrogations au sein des instances du pouvoir. Ce, d’autant plus que la fronde est menée par les catholiques du Conseil de l’apostolat des laïcs chrétiens catholiques (CALCC) et les protestants du Ministère des laïcs protestants (MILAPRO), le FCC et Lamuka se présentant comme des supplétifs du mouvement.

Surprise hier matin, quand les informations filtrent sur une rencontre hautement politique qui a réuni la veille au soir (donc mardi 23 novembre) des hauts placés du pouvoir et le cardinal Fridolin Ambongo, également archevêque de Kinshasa. Les présidents de l’assemblée nationale et du sénat, le premier ministre ainsi que le conseiller spécial du chef de l’État en matière de sécurité ont brisé la glace. Sur la table, les divergences entre l’église catholique et le pouvoir en place née du choix, de l’entérinement et de l’investiture de Denis Kadima Kazadi comme président de la CENI.

Pas quantité négligeable

On ne peut pas dire que les bonzes du pouvoir se sont rendus à Canossa ni qu’ils se sont agenouillés pour implorer le pardon du prélat catholique, objet d’attaques personnelles depuis des mois. On doit reconnaître que Christophe Mboso, Modeste Bahati, Sama Lukonde et François Beya ont fait preuve de réalisme par ces temps d’agitation politique autour du processus électoral.

C’est vrai que l’on peut cheminer sans tenir compte de la machine que représentent les catholiques et protestants, mais mesure-t-on ce que l’on perd en les ignorant?

Il n’est sans doute pas possible de faire marche arrière avec Denis Kadima, mais il est possible de présenter des gages de transparence du processus. Il y a le projet de la loi électorale qui doit être déposé et qu’il faut réformer pour assurer la transparence des scrutins de 2023. On ne sait pas si catholiques et protestants vont revenir à de bons sentiments, eux qui ont promis de ne pas travailler avec une CENI dirigée par Denis Kadima.

Pendant ce temps, des extrémistes laudateurs du régime ont envahi les réseaux sociaux pour fustiger la démarche du pouvoir. Pour eux, le pouvoir donne trop d’importance aux deux églises, en se présentant dans une position de faiblesse. Ces laudateurs ont sans doute oublié qu’une campagne de longue durée de ces deux églises mères finirait par attirer l’attention de la nébuleuse communauté internationale, qui aurait fini par trouver louche le processus électoral tel que mené.

Hier soir, on a appris que la convocation par la justice du président du Conseil de l’apostolat des laïcs chrétiens catholiques (CALCC) a été reportée sine die. Jean-Claude Lalo devait se présenter au parquet du tribunal de grande instance de la Gombe hier mercredi pour y « être entendu sur des faits infractionnels » à lui imputés. Le report sine die de son audition est-il la conséquence de la rencontre de mardi soir ? Tout porte à le croire, d’autant plus que l’on a, par ailleurs, appris que les évêques de la Conférence épiscopale du Congo (CENCO) sont en réunion à Kinshasa. Le communiqué marquant la fin de leurs travaux est très attendu.

Ce que l’on peut souhaiter est que l’église et le pouvoir parviennent à un modus vivendi pour éviter d’embraser le pays. Il faudra surtout beaucoup d’humilité pour les deux parties pour sauver ce qui peut encore l’être et assurer la transparence du processus électoral.

Kumbu Mona

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