Lancement des travaux de la mission économique et commerciale belge: Sama Lukonde invite les investisseurs belges à nouer un partenariat franc avec les opérateurs économiques congolais

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Le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde a procédé lundi 21 mars 2022 au Salon Congo du GHK, au lancement des travaux de la mission économique et commerciale belge qui séjourne à Kinshasa du 19 au 25 mars 2002.

A cette occasion, l’Ambassadeur du Royaume de Belgique à Kinshasa, Jo Indekeu a rappelé que cette mission est une première depuis des années et depuis l’avènement au pouvoir du président Félix-Antoine Tshisekedi. Elle fait suite à la visite officielle du chef de l’Etat congolais en septembre 2019 en Belgique, où il a été décidé de mettre en place une mission économique en mars 2020, mais reportée deux ans après, à cause de la situation due au Covid-19. « C’est une mission importante non seulement parce que c’est la première depuis plusieurs années, mais également parce qu’elle réunit plus de 90 sociétés et plus de 100 délégués des sociétés, réparties dans 20 différents secteurs », a-t-il fait savoir.

A en croire le diplomate belge, cette mission comprend aussi des sociétés qui sont déjà actives en RDC et celles qui viennent prospecter le marché congolais et étudier les opportunités à mettre en place, avant d’entamer les flux commerciaux entre les deux pays. « Ces flux commerciaux sont très importants dans ce sens que le commerce bilatéral entre la RDC et la Belgique totalise près de 200 millions d’euros, faisant de la Belgique le premier fournisseur occidental de la RDC ».

Jo Indekeu précise que la Belgique dispose d’une présence historique de plusieurs sociétés et une connaissance accrue de la RDC, grâce à la présence d’une importante communauté belge qui est active dans plusieurs sociétés (belges, congolaises ainsi qu’étrangères) en RDC. A cela s’ajoute la présence d’une forte diaspora congolaise en Belgique et la formation des nombreux congolais. Ce qui occasionne une connaissance mutuelle entre les deux pays, laquelle renforce les flux économiques ainsi que les relations bilatérales.

Il a également fait mention des accords bilatéraux, notamment le Traité bilatéral pour éviter la double imposition et le Traité bilatéral de protection des investissements, qui vient d’être ratifié grâce aux efforts du gouvernement de la RDC.

L’ambassadeur Indekeu a conclu en disant que la Belgique dispose actuellement de deux missions, dont celle qui vient d’arriver et une mission politique dans le cadre d’un partenariat avec la Région-capitale Bruxelles et la ville-province de Kinshasa.

L’actuelle mission poursuit-il, est combinée avec la 3ème semaine belge, avec comme objectif, la création d’une plate-forme unique d’échange entre les hommes et femmes d’affaires belges et congolais.

Peu avant de lancer les activités de cette mission économique et commerciale, le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde, a rappelé que cette mission se tient après la tenue du 6ème sommet UE-UA en février dernier à Bruxelles, où il a représenté le Chef de l’Etat Félix-Antoine Tshisekedi. Il considère donc que, l’arrivée de la mission économique et commerciale belge, fait partie des retombées de ce sommet. Car dit-il, la Belgique, pays avec lequel la RDC entretien des liens séculiers de longue date, a mis sur orbite, des engagements souscrits aux termes de ce sommet, à travers une équipe représentative de 90 sociétés belges toutes tendances confondues, afin de susciter dans le chef de l’Etat congolais et des entrepreneurs privés, des opportunités d’affaires devant renforcer d’une part, le partenariat public-privé et d’autre part, soutenir la volonté de coopérer, en vue d’améliorer le climat des affaires en RDC.

RDC : pays à vastes potentialités

Il a ensuite vanté les potentialités de la RDC, affirmant c’est un vaste territoire de 2.345.410 m2 habité par près de 80 millions d’habitants et dont la croissance démographique est estimée à 3,2% l’an. Ce qui lui confère avec ses neuf frontières, un vaste marché potentiel de plus de 250 millions d’habitants. « D’où l’intérêt qu’accorde le Chef de l’Etat Félix Tshisekedi, aux bons rapports politiques et diplomatiques non seulement avec le Royaume de Belgique, mais aussi avec ses voisins, lesquels ont conduit à la signature de plusieurs accords d’exploitation commune de certaines matières, mais aussi des échanges commerciaux », a-t-il expliqué, avant d’ajouter que, la RDC dispose d’un massif forestier d’environ 155, 5 millions d’hectares, soit 10% des forêts tropicales de la planète ainsi que plus de 60% des forêts du bassin du Congo.

La RDC possède également l’une des plus importantes réserves des écosystèmes naturels de la planète. Avec sa faune et sa flore, elle est classée 5ème puissance mondiale en biodiversité.

A ces potentielles climatiques s’ajoutent des tourbières et l’équivalent de plus de deux ans d’émissions mondiale de gaz à effet de serre. Ce qui a fait que la RDC s’est portée garant comme pays-solution dans le domaine de l’environnement, aux assises de la Cop26 à Glasgow en Ecosse.

En outre poursuit le Premier ministre, la RDC a un potentiel photovoltaïque estimé à 70.000 Mgw, grâce à son exposition naturelle sous la ligne de l’Equateur. Le fleuve Congo long de 4.700 Km avec un débit de plus de 40.000 m3/seconde, offre à la RDC un potentiel énergétique d’environ 37% du potentiel africain et 6% du potentiel mondial, exploitable à plus de 100.000 Mgw, sur 780 sites et à travers les 145 territoires que dispose la RDC et 76.000 villages. La RDC est aussi un creuset minéralogique important dans le monde. Outre le cuivre, elle possède 60% d’autres matières importantes (Cobalt, Coltan, Cassitérite, Manganèse, Uranium…). Elle dispose également d’un potentiel important en ressources d’hydrocarbures et plus de 19 blocs pétroliers, notamment dans trois principaux bassins dont le bassin côtier, la cuvette centrale et la branche ouest du rite est-africain ou Graben.

Quid des défis ?

Les défis majeurs fait savoir le Premier ministre, demeure la mise en œuvre de toutes les ressources ci-haut énumérées et à la satisfaction du besoin croissant, en vue d’atteindre le bien-être de la population et le développement des activités économiques. Pour atteindre cette croissance souhaitée et soutenir le cadre macroéconomique par la production des richesses congolaises sous l’impulsion du président de la république, la RDC a renoué ses programmes avec les institutions de Breton Wood, notamment avec la Banque mondiale et le Fonds monétaire international.

D’autre part, le Premier ministre Sama Lukonde renseigne que, la RDC continue à s’ouvrir au monde à travers des nombreux contacts politiques et diplomatiques, se rendant ainsi fréquentable et ouvert à l’investissement étranger, en particulier avec le monde économique belge. Sur le plan économique et financier, le gouvernement de la RDC s’est investi dans son programme triennal, à diversifier l’économie et à créer les conditions d’une croissance inclusive, améliorer la gouvernance dans la gestion ressources naturelles des entreprises du portefeuille et des finances de l’Etat et améliorer le climat des affaires et à promouvoir l’entreprenariat ainsi que la classe moyenne.

Tout compte fait, le Premier ministre Sama Lukonde reste persuadé que, toutes les réformes ci-haut énumérées, permettront de réguler le cadre institutionnel, afin de favoriser les investissements et donner des avantages incontestables et comparés aux entrepreneurs. C’est dans ce contexte dit-il, que la RDC été réadmis aux préférences commerciales offertes par la Loi américaine sur la croissance et les opportunités économiques en Afrique (AGOA) et a opéré des réformes profondes en matière de sa législation douanière, du Code des investissements, du Code minier, de la législation des hydrocarbures, du droit forestier, du droit agricole, du Code du travail, droit commercial ainsi que du régime de change. « Tout cet arsenal juridique est mis à votre disposition, afin de favoriser le climat des affaires et vous permettre de nouer un partenariat franc, sincère et gagnant-gagnant avec les opérateurs économiques congolais, dans le but de promouvoir la croissance économique au bonheur du peuple congolais », a conclu le Premier ministre.

Dernier à prendre la parole, le Ministre-Président de la Région Bruxelles-Capitale, Rudi VERVOORT, a salué la présence de tous les entrepreneurs qui font partie de cette importante mission, laquelle permettra à la Belgique et la RDC, de renouer les liens politiques, économiques et commerciaux ainsi que les relations bilatérales.

La journée de lundi 21 mars a connu quelques panels notamment sur « L’environnement économique de la RDC » ; « Le financement des projets »…

A savoir

Pour rappel, c’est depuis 2016 qu’une grande mission économique visite la RDC. Conduite par le Ministre-Président de la Région de Bruxelles-Capitale, Rudi VERVOORT, cette mission économique et commerciale vient conforter la pertinence des liens et renforcer les liens commerciaux entre la RDC et la Belgique. C’est également une mission de normalisation des relations, parce qu’elle implique les trois régions belges, notamment la Flandre à travers la Flanders Investment & Trade ; la région Wallonne à travers l’Agence Wallonne à l’exportation et aux investissements étrangers (AWEX) et la région Bruxelloises avec Hub.brussels.

Outre les opérateurs économiques, la mission est également composée des représentants du monde éducatif et culturel.

A la même occasion, le président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, a procédé à la coupure du ruban symbolique relatif à l’ouverture de la 3ème édition de la semaine belge à Kinshasa.

A noter que cette activité est organisée par le bureau de l’Ambassade de Belgique à Kinshasa et les trois régions belges.

José Wakadila

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