Nul n’ignore que la population congolaise tout entière continue de vivre dans des situations difficiles, caractérisées notamment par la vie chère, l’insécurité, des embouteillages monstrueux, le manque d’eau et d’électricité. Et ce, sous le regard impuissant, voire indifférent, des autorités du pays, en dépit de leurs multiples promesses.
Face à cette misère notoire au sein de la population, une certaine opinion populaire estime que le célèbre slogan légué par Étienne Tshisekedi wa Mulumba, d’heureuse mémoire, « Le peuple d’abord », aurait perdu son véritable sens durant le deuxième mandat de Félix Tshisekedi.
Cela est d’autant plus vrai que ceux qui sont actuellement au pouvoir ne donnent pas de signal montrant qu’ils se préoccupent du quotidien de la population, laquelle ne sait plus à quel saint se vouer.
En outre, le commun des mortels congolais, essoufflé par la précarité sociale dans laquelle il est plongé, dit ne pas savoir ce que les gouvernants continuent de faire pour ce pays où des rumeurs de détournement de millions de dollars se font persistantes dans l’opinion.
En fait, gouverner, c’est prévoir, dit-on. Que prévoit le gouvernement de la République pour assurer au peuple son bien-être ?
Selon le célèbre philosophe français Jean-Jacques Rousseau, l’homme est bon par nature, mais c’est la société qui le pervertit, notamment à travers l’expérience de la propriété privée, laquelle favorise les tensions. La recherche des intérêts égoïstes mène au chaos et au despotisme. Pour assurer la paix sociale, il faut passer par un contrat social qui amène le citoyen à abandonner une part de sa liberté au profit de l’intérêt collectif, lequel servira in fine l’individu. Car la souveraineté demeure la propriété des individus et est indivisible et inaliénable.
Pour le sage grec Xénophon : « Au sein d’une nation, le chef est celui qui sait commander et envers qui les gouvernés louent cette capacité et cette qualité. » La légitimité du chef est donc une affaire de psychologie. Il faut que le chef sache parler, mais pas uniquement : il doit, par ses actes, renforcer la confiance que le peuple place en lui. De par son autorité, le chef n’en abuse pas ; il la met au service de l’intérêt général et non particulier.
Est-ce le cas pour la République démocratique du Congo ? Ceux qui exercent le pouvoir agissent-ils pour l’intérêt général ou pour des intérêts particuliers ?
Pour rappel, lors de la célébration du 60ᵉ anniversaire de l’indépendance de la RDC, le chef de l’État congolais avait affirmé, voire martelé, que « le peuple d’abord » constituait la seule boussole de « notre action et la mesure de notre détermination ». Cela signifiait que l’intérêt du peuple congolais demeurerait le fil conducteur de toutes les réformes que le gouvernement de la République accomplirait tout au long de son mandat.
Malgré les différentes déclarations et assurances autour de « le peuple d’abord », le peuple congolais se rend compte qu’il n’est toujours pas au centre de l’action gouvernementale.
Pas d’électricité ni d’eau potable, alors que le pays dispose de potentialités incommensurables à cet égard. Chaque jour, le Congolais lambda assiste, non sans étonnement, à l’augmentation des prix du transport selon les humeurs des transporteurs, à la persistance des embouteillages, et ce, au vu et au su des autorités.
Le banditisme et la criminalité urbaine font rage dans la capitale, Kinshasa, ainsi que dans les grandes villes du pays ; l’insécurité grandissante à l’Est due à l’activisme de groupes armés et à l’agression rwandaise via l’AFC-M23 ; les infrastructures routières en état de délabrement en pleine ville de Kinshasa et l’inexistence des routes de desserte dans la majorité des provinces.
Tous ces faits illustratifs montrent à suffisance que le peuple congolais souffre, ce qui lui donne des raisons de croire que son pays n’est pas gouverné.
El. B.
