Un lundi marqué par une ambiance inhabituelle à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, notamment dans plusieurs de ses artères, où des marées humaines étaient perceptibles à l’œil, allant dans tous les sens, faute de transport en commun.
Dès l’aube, des Kinoises et des Kinois, qui s’attendaient déjà à cette réalité, étaient alors contraints de marcher d’un coin de la ville à un autre. Une situation qui a suscité choc et émotion dans le cœur de nombreux marcheurs, dont certains n’ont pas hésité à s’en prendre, à tort, à l’autorité urbaine, pointée du doigt comme étant à la base de cette situation.
Le gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki — puisqu’il s’agit bien de lui — aurait-il réellement interdit le fonctionnement normal du transport en commun dans son entité administrative ?
Objectivement, Daniel Bumba n’a fait qu’interdire la circulation des véhicules en conflit avec la loi en la matière. Malheureusement, cette mesure a frappé la quasi-totalité des voitures, bus et taxi-bus, qui ont été immobilisés par leurs propriétaires faute de documents légaux.
Une certaine opinion populaire, donnant raison à l’autorité urbaine, estime qu’il n’est pas normal que n’importe qui achète un véhicule pour l’exploiter dans le transport en commun sans s’acquitter des taxes et obligations envers l’État congolais.
Cela est d’autant plus vrai, renchérit-elle, que ces véhicules génèrent d’importantes recettes à leurs propriétaires. Malheureusement, beaucoup refusent de bonne foi de se mettre en ordre, refusant également de payer ce qui est dû, alors qu’un communiqué les appelant à se conformer à la loi avait été publié plusieurs jours auparavant.
Somme toute, si Kinshasa a été paralysée hier par le manque de transport en commun, force est d’admettre que cela était tout simplement dû au fait que ces véhicules n’étaient pas en règle. Un constat déplorable de voir la population kinoise marcher sous un soleil impétueux, une situation dont la responsabilité incombe certainement aux propriétaires de véhicules.
Il va de soi que le ministère en charge de la Nouvelle Citoyenneté se donne pour mission immédiate de promouvoir le civisme fiscal, afin de permettre à l’État d’avoir les moyens d’accomplir sa mission régalienne.
Quelle sera encore la situation ce mardi, quand on sait que l’État congolais ne dispose pas d’une grande société de transport en commun capable de compenser le vide abyssal laissé par les exploitants privés ?
Philippe Dephill Lipo
