Alors que les enquêtes se poursuivent pour comprendre les circonstances du tragique crash du vol Air India 171, de nouvelles données techniques et visuelles révèlent des éléments préoccupants, survenus dès les premières secondes du vol. Le Boeing 787 Dreamliner, à destination de Londres, s’est écrasé jeudi dans un quartier résidentiel peu après son décollage de l’aéroport d’Ahmedabad. Le bilan, initialement annoncé comme totalement mortel, a été partiellement revu, une seule victime survivante ayant été retrouvée, grièvement blessée.
Des conditions météo sans impact
Contrairement à ce que l’on aurait pu imaginer, les conditions météorologiques ne semblent en aucun cas être à l’origine du drame. Le vent était faible, bien orienté, et la visibilité de 6 000 mètres offrait une bonne marge de sécurité. Le ciel était dégagé. Seule la température, de 37 °C, un peu élevée, sortait des normes, mais elle reste courante dans cette région à cette période de l’année.
Décollage raccourci : un choix risqué
L’analyse des données ADS-B (Automatic Dependent Surveillance–Broadcast) révèle un choix inhabituel de l’équipage : le décollage a été amorcé depuis une bretelle d’accès à la piste 23, sans utiliser toute sa longueur disponible. Résultat : au lieu des 3 599 mètres, l’appareil n’aurait bénéficié que de 1 900 mètres pour atteindre la vitesse de rotation. Cette décision pourrait avoir compromis la capacité de l’avion à prendre suffisamment d’altitude ou à corriger une anomalie en phase critique.
Le train d’atterrissage jamais rentré
Autre élément intrigant : sur les images vidéo du décollage, le train d’atterrissage reste déployé, ce qui n’est pas conforme aux procédures normales. Cela laisse penser que l’équipage pourrait avoir été confronté à une urgence technique dès le décollage, l’empêchant de poursuivre la montée ou de rentrer le train. Quelques instants avant l’impact, le commandant de bord a émis un message de détresse « Mayday » à la tour de contrôle, suggérant une tentative de retour d’urgence ou d’atterrissage forcé. Mais l’appareil s’est écrasé avant d’avoir pu regagner l’aéroport.
Trois pistes principales à l’étude
Les premières hypothèses évoquées par les enquêteurs incluent : –Une erreur humaine dans la gestion du décollage ;
-Une mauvaise évaluation de la distance nécessaire à l’envol ;
-Un problème technique critique survenu dès les premiers instants de vol.
GE Aerospace, constructeur des moteurs du Dreamliner, a dépêché une équipe en Inde pour analyser les données du cockpit et des moteurs.
Une enquête sous haute tension
Alors que les familles attendent des réponses, les experts insistent sur l’importance de l’analyse des boîtes noires, déjà récupérées sur les lieux du crash. Les résultats devraient permettre d’éclairer les circonstances exactes et de prévenir de futurs accidents sur ce type d’appareil.
Le vol AI171 restera sans doute longtemps dans les mémoires comme un exemple tragique d’un enchaînement de décisions et de circonstances aux conséquences dramatiques.
( 𝐂𝐚𝐧𝐚𝐥 𝟑 𝐁𝐞𝐧𝐢𝐧)
