Face à une crise multidimensionnelle qui secoue la République Démocratique du Congo, le Cadre de Concertation des Forces Politiques et Sociales lance un appel pressant à une réponse diplomatique unifiée et cohérente. Dans un communiqué publié ce Jeudi rt signé par Claudel Lubaya et Seth Kikuni, la plateforme dénonce une instabilité politique aggravée par des fraudes électorales, un pouvoir jugé autoritaire, et une perte de confiance institutionnelle profonde.
Le message est clair : la crise actuelle ne peut être résolue uniquement par des initiatives internationales ou des médiations extérieures, aussi bien intentionnées soient-elles.
« La résolution de la seule crise bilatérale [avec le Rwanda] ne saurait à elle seule résoudre les profondes fractures qui minent notre nation », affirme le communiqué, pointant du doigt la gouvernance du président Félix Tshisekedi, décrite comme fondée sur la peur, l’impunité, et la répression.
Selon le Cadre de Concertation, l’origine du mal est à chercher d’abord à l’intérieur du pays. Le communiqué revient sur les élections de décembre 2023, marquées par des « fraudes massives », une « disqualification des institutions », et des « violations répétées des droits fondamentaux ». Ce climat délétère aurait plongé la RDC dans une spirale de défiance généralisée, tant sur le plan politique qu’éthique et moral.
Alors que plusieurs partenaires internationaux, des États-Unis à l’Union Africaine, tentent de jouer les médiateurs entre Kinshasa et Kigali, le Cadre met en garde contre les risques d’une diplomatie parallèle et dispersée. Il plaide pour une synergie diplomatique structurée et globale, capable de prendre en compte la complexité de la crise congolaise.
Plus qu’un rejet des initiatives étrangères, le communiqué insiste sur la nécessité d’un règlement porté par les acteurs congolais eux-mêmes.
« La résolution de la crise interne est de la responsabilité première du peuple congolais qui en subit les affres, en connaît les causes et en maîtrise les solutions », souligne le document, en référence à l’histoire du pays et à sa capacité à surmonter les épreuves par des dialogues internes.
Le Cadre de Concertation propose une nouvelle dynamique politique, fondée sur une approche inclusive et ancrée dans la souveraineté nationale, qui réinterroge le rôle des institutions, de la classe politique et de la société civile, 65 ans après l’indépendance du pays.
Tout en reconnaissant le rôle clé des partenaires bilatéraux et multilatéraux, le Cadre appelle ces derniers à coordonner leurs efforts avec les initiatives locales, pour éviter la fragmentation diplomatique. L’objectif : construire une réponse globale à une crise qui va bien au-delà des tensions frontalières.
