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Crise politique en RDC : l’ASADHO exhorte à éviter les dérives du passé (Correspondance)

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Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme

Kinshasa, le 07 Octobre 2025

Aux acteurs politiques de la République Démocratique du Congo

N/Réf : 020/JCK/FD/CE/ASADHO/2025
Concerne : Évitez les erreurs du Président Mobutu

Mesdames et messieurs ;

L’Association Africaine de défense des Droits de l’Homme, ASADHO en sigle, vous adresse la présente pour attirer votre attention sur la situation grave que traverse notre pays, la République Démocratique du Congo, en la mettant en phase avec notre passé récent.

Nous adressons la présente à tous les acteurs politiques congolais, particulièrement au Président de la République, Monsieur Félix Tshisekedi.

En 1990, grâce aux pressions nationales et internationales, le Président Mobutu avait décidé de libéraliser la vie politique, en mettant fin aux activités du MPR, Parti-Etat, et en lançant le multipartisme politique. Une opportunité qui ouvrait des meilleures perspectives pour le peuple congolais après plusieurs années de dictature.

Il eut fallu une meilleure collaboration/entente entre les différents acteurs politiques pour engager le pays vers les réformes qui étaient nécessaires pour lui permettre de se relancer dans l’intérêt de tous et surtout du peuple meurtri par plusieurs années de pouvoir sans partage.

Malheureusement cela ne fût pas le cas. Le Président Mobutu et ses proches multiplièrent des intrigues pour continuer à gérer le pays comme à l’époque du MPR, alors que cela n’était plus possible au vu de la situation nationale et internationale. De son côté, l’opposition politique mit en place une stratégie pour déposer le Président Mobutu de tous les pouvoirs et au besoin même de le traduire en justice avec ses proches pour tous les crimes commis sous son régime.

Le radicalisme s’installa de part et d’autre. Tous les compromis qui étaient trouvés n’avaient jamais été appliqués de bonne foi à cause de la méfiance entre acteurs politiques. Cette méfiance est toujours là.

Cette situation était devenue une opportunité pour certains acteurs politiques véreux de naviguer facilement entre le camp du Président Mobutu et l’opposition politique à la recherche du pouvoir pour le pouvoir ou à la recherche de l’argent. Tantôt ils étaient dans la majorité tantôt dans l’opposition, sans idéal et sans se rendre compte de la fragilité créée pour le pays.

De 1990 à 1997, soit 7 ans, chaque camp politique cherchait comment prendre et contrôler le pouvoir, en excluant les autres ou en leur donnant une place marginale dans les institutions.

Par leur incapacité à construire un consensus global et inclusif sincère pour diriger ensemble le pays dans l’intérêt du peuple, ils ont facilité la prise, par les armes, de celui-ci par l’AFDL comme un fruit mûr.

Le comble du malheur est que le Président Mobutu et ses proches, d’une part, et l’opposition politique, d’autre part, ont été tous écartés du pouvoir par l’AFDL. Ce qui permit aux rwandais et amis de Laurent Désiré KABILA de devenir les maîtres pays au détriment du Président Mobutu et de l’opposition politique, habitués à se tendre des pièges et à se bloquer mutuellement.

Si le Président Mobutu et l’opposition politique avaient trouvé une solution pour diriger ensemble le pays dans l’intérêt de tous, l’AFDL ne serait jamais venue ou n’aurait jamais pris le pouvoir en RDCongo.

De fois, certains acteurs politiques bloquent des processus nécessaires seulement pour leur propre malheur.

Le Président Mobutu était obligé de fuir Kinshasa comme un vulgaire monsieur.

Mesdames et messieurs,

Si vous ne tirez pas de leçons des erreurs du Président Mobutu, la même situation pourrait se reproduire.

Nous sentons que chaque camp (Majorité au pouvoir, opposition politique, groupes armés) se croit être fort. Personne ne veut faire des concessions sincères pour qu’on sorte de la guerre et de la gestion prédatrice du pays. Le Président Felix Tshisekedi tergiverse pour convoquer le dialogue, et cela pour des raisons que personne ne sait.

Certaines exigences de l’opposition politique et des groupes armés vont au-delà de ce qui est essentiel (par exemple, exiger le départ du Président Tshisekedi du pouvoir). Intransigeance inutile !

Nous craignons que l’histoire se répète et que nous puissions nous retrouver dans une autre situation imprévue qui prend tout le monde au dépourvu.

Il est urgent que le dialogue soit convoqué et que toutes parties prenantes y viennent avec l’esprit de construire des solutions durables pour le pays.

Évitons l’esprit de bloquer ou de chercher à contrôler tout le processus pour la protection ou pour l’accès à des avantages personnels.

Le pays a besoin d’un compromis au profit du peuple congolais.

Cette lettre est écrite dans un esprit totalement démocratique et patriotique.

Veuillez croire, mesdames et messieurs, en l’expression de nos sentiments de parfaite collaboration.

Pour l’ASADHO
Me Jean Claude Katende
Président National


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