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Déployer 3 000 agents pour le contrôle routier : une belle initiative certes pour renflouer les caisses de l’État, mais qu’en est-il exactement de la sécurité quotidienne des Kinois et de leurs biens ?

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Point n’est besoin de le démontrer par des preuves incontestables : l’insécurité dans la ville de Kinshasa continue de gagner du terrain.

Pour s’en convaincre, il suffit de constater la découverte répétée de corps sans vie, conséquence logique et directe de la multiplication d’actes criminels plongeant chaque jour la capitale de la République démocratique du Congo dans la peur.

Au début de la semaine, un jeune homme a été tué par des criminels, non autrement identifiés, dans la commune de Ngaliema. Selon des sources, ses bourreaux, qui visaient son véhicule, s’en seraient emparés avant de disparaître dans la nature. Ce drame vient s’ajouter à une série d’incidents similaires signalés ces derniers jours dans différents quartiers de la ville.

Dans certaines communes de la capitale, des dépouilles mortelles sont découvertes, suscitant émoi et indignation parmi les habitants. Si les circonstances exactes de certains cas restent à élucider, ces actes criminels renforcent le sentiment d’abandon exprimé à longueur de journée par de nombreux Kinois et Kinoises, ne sachant plus à quel saint se vouer.

Parallèlement, les cas de braquages, de vols à main armée et de kidnappings connaissent une recrudescence inquiétante. Les gangs urbains, communément appelés « kulunas », continuent d’opérer dans certains quartiers, tandis que des bandes criminelles mieux organisées s’attaquent aux automobilistes, commerçants et particuliers, tant dans la sombre nuit que sous le soleil ardent du jour.

Dans ce contexte, l’annonce par l’Hôtel de Ville du déploiement de 3 000 agents pour procéder au contrôle routier suscite le plus souvent des réactions négatives de la part de l’opinion. Cette dernière estime que si la mesure visant à contrôler les documents sur les artères de la ville est pertinente, plusieurs observateurs soutiennent que les autorités urbaines peuvent également s’investir de la sorte pour assurer la sécurité de la population.

« Nous voulons voir les policiers et les militaires dans nos quartiers, pas seulement aux carrefours pour le contrôle des véhicules », déplore un résident de Ngaliema qui s’exprimait sous l’anonymat.

Dans plusieurs communes, des habitants affirment vivre le calvaire, dans la crainte permanente d’une attaque imminente à tout moment du jour.

Face à cette situation déplorable, les regards se tournent à juste titre vers les autorités nationales. Le chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, la Première ministre Judith Suminwa, le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, le gouverneur de Kinshasa Daniel Bumba ainsi que le commissaire provincial de la police de la ville de Kinshasa, Israël Nkatu, ne peuvent rester insensibles aux interpellations de millions de Kinois et Kinoises.

Pour nombre d’entre eux, il ne s’agit plus de multiplier les annonces pour dissuader les inciviques de rééditer leurs mauvais actes, mais de passer directement à l’action en mettant en place une stratégie sécuritaire cohérente, visible et efficace. Autrement dit : patrouilles renforcées, démantèlement des réseaux criminels, lutte contre l’impunité et présence accrue des forces de sécurité dans les quartiers sensibles doivent désormais figurer parmi les principales attentes.

Dans une capitale de plus de dix millions d’âmes, confrontée à des défis socio-économiques majeurs, force est d’admettre objectivement que la question sécuritaire s’impose désormais comme une priorité absolue. Pas autre chose : les Kinois, qui aspirent à la paix, à la joie et au bonheur, habitués à mettre en pratique leur fameux article 15 et à faire la ligne 11, réclament, ni plus ni moins, des actes forts pour que la peur cesse de rythmer leur quotidien.

El.B.

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