Kinshasa, la trépidante capitale de la République démocratique du Congo, vit depuis plusieurs mois au rythme d’une insécurité croissante qui inquiète de plus en plus ses habitants.
La population kinoise ne sait plus à quel saint se vouer. En cause : une série de braquages en plein jour, de plus en plus violents, qui se déroulent parfois à quelques mètres à peine des postes de police, sans qu’aucune intervention ne soit constatée.
Le dernier événement en date, survenu le samedi 7 juin 2025, illustre dramatiquement cette réalité. À proximité de l’échangeur de Limete, une entreprise de transport dirigée par des ressortissants chinois, opérant entre les communes de Lemba et Limete, a été violemment attaquée par des hommes armés vers 11 heures. Le chauffeur du véhicule, visé en premier, a été abattu sur place. Les assaillants se sont ensuite enfuis à moto, emportant une importante somme d’argent. Une scène de violence insoutenable qui a provoqué un vent de panique parmi les passants et les riverains.
Face à cette montée inquiétante de la criminalité en pleine journée, la population s’interroge : où est la police ? Quelles sont les mesures concrètes mises en place par les autorités pour assurer la sécurité des citoyens et de leurs biens ?
Il convient de noter que ce sentiment d’abandon est d’autant plus renforcé que plusieurs de ces actes criminels se déroulent à proximité immédiate de postes de police, sans réaction visible des forces de l’ordre.
Pour beaucoup, cela traduit soit un manque criant de moyens, soit un dysfonctionnement profond, voire une complicité passive, au sein des services de sécurité.
Par ailleurs, la recrudescence de ces braquages en plein jour nécessite une réaction forte et immédiate des autorités congolaises.
Parmi les pistes envisagées par les observateurs, on peut notamment citer :
-Le renforcement de la présence policière dans les zones sensibles, avec des patrouilles régulières, mobiles et dissuasives ;
-L’installation de caméras de surveillance sur les axes stratégiques de la ville, pour permettre une identification rapide des malfaiteurs ;
-La réforme de la Police nationale congolaise, afin d’assurer une meilleure formation, discipline et responsabilisation des agents ;
-L’implication de la population dans la cogestion de la sécurité locale, via des comités de vigilance ou des plateformes de dénonciation sécurisées ;
-La lutte contre l’impunité, en veillant à ce que chaque acte criminel fasse l’objet d’une enquête sérieuse et de sanctions exemplaires.
Notons que la sécurité publique est un droit fondamental. Sa garantie ne devrait pas être perçue comme une faveur, encore moins comme un privilège.
Pour rétablir la confiance entre la population et ses forces de sécurité, les autorités congolaises doivent non seulement faire preuve d’une volonté politique ferme, mais aussi adopter des mesures claires, visibles et évaluables.
En attendant, les Kinois vivent dans l’angoisse, espérant que chaque sortie ne sera pas la dernière. Le sang versé, comme celui de ce chauffeur abattu à Limete, crie justice. Il est temps que l’État congolais entende ce cri et y réponde, non par des discours, mais par des actes forts et efficaces.
El. B.
