Un tragique accident de la circulation a coûté la vie à un motocycliste le 9 mars 2026 dans la commune de la Gombe, au cœur de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.
Le drame, provoqué par un automobiliste roulant à vive allure et à contre-sens, relance le débat sur l’impunité et la déchéance de la sécurité routière dans la capitale.
La scène, d’une violence inouïe, s’est déroulée à deux pas de la salle Showbuzz, dans le quartier Socimat. Selon des témoins, un véhicule circulant à une vitesse excessive et en sens inverse a percuté de plein fouet une moto. Le conducteur du deux-roues est décédé sur le coup, son corps gisant sur l’asphalte, tandis que son passager, grièvement blessé, a été évacué vers une unité de soins intensifs. Son pronostic vital reste engagé.
Le conducteur de la voiture, dont la tentative de fuite a été avortée par l’étau de la circulation, a été immédiatement appréhendé par les forces de l’ordre pour répondre de ses actes devant la justice.
Un fléau nommé « sens inverse »
Ce drame n’est malheureusement pas un cas isolé, mais l’illustration d’un mal profond qui ronge les artères de Kinshasa : le mépris total du Code de la route. Une question brûlante taraude désormais l’opinion publique : comment ces conducteurs obtiennent-ils leur permis de conduire sans maîtriser les notions élémentaires de civisme ?
Du citoyen lambda aux hautes personnalités politiques, la pratique du « contre-sens » est devenue une norme pour contourner les embouteillages. En se croyant au-dessus des lois, les dignitaires du pays, censés prêcher par l’exemple, forcent le passage et accentuent le chaos urbain, assombrissant l’espoir d’un retour à l’ordre.
La police et les « Wewa » en ligne de mire
Cette tragédie pointe également du doigt les faiblesses de la Police de circulation routière (PCR). Les autorités semblent peiner à discipliner les motocyclistes, communément appelés « Wewa », dont le comportement anarchique — non-respect des feux de signalisation et slaloms dangereux — est à l’origine de nombreux accidents mortels.
Face à cette « loi de la jungle » qui endeuille quotidiennement des familles, le ministère de l’Intérieur est plus que jamais interpellé.
Entre problème de mentalité et laxisme sécuritaire, l’urgence d’une réforme radicale de la sécurité routière à Kinshasa ne peut plus être ignorée.
Philippe Dephill Lipo
