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Du terrain de football à la justice: Un député marocain réclame l’arrestation de Jean-Jacques Ndala

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Au lendemain de la finale ayant consacré le Sénégal vainqueur de la CAN Maroc 2026 au détriment du pays hôte, à l’issue d’une rencontre épique qui a vu les deux équipes disputer la prolongation, l’émotion demeure vive dans le royaume chérifien.

Pour s’en convaincre, un député marocain est monté au créneau lors d’une séance parlementaire pour réclamer des poursuites judiciaires contre l’arbitre international congolais Jean-Jacques Ndala, qui était au sifflet lors de la finale. Le parlementaire, au ton ferme et empreint d’une grande animosité, a relevé de prétendus manquements graves qu’il dit avoir observés de la part de l’arbitre congolais, l’accusant de « collusion » et d’irrégularités graves.

Cet élu est allé très loin jusqu’à affirmer : « Jean-Jacques Ndala a fait voler en éclats notre rêve ; il doit être jugé et condamné au Maroc. »

Par ailleurs, il a soutenu que les joueurs sénégalais auraient eu recours à des pratiques fétichistes pour influencer l’issue du match.

À l’en croire, le fait que les joueurs des Lions de la Teranga aient regagné le vestiaire pour protester contre le penalty aurait dû logiquement conduire l’arbitre congolais à accorder la victoire à l’équipe marocaine, estimant que la reprise du match était, selon lui, illogique.

Pendant ce temps, le Sénégal savoure un deuxième titre continental, après celui de 2021. Le Maroc, quant à lui, voit se prolonger une attente interminable depuis 1976. Mais avec cette sortie parlementaire, la polémique franchit un seuil inédit, transformant une défaite sportive en affaire quasi judiciaire.

Que dire d’une telle réaction ? En effet, l’émotion est souvent une mauvaise conseillère, surtout lorsqu’elle s’invite dans l’hémicycle pour tenter de judiciariser l’imprévisibilité du sport.

En droit, la souveraineté de l’arbitre sur le terrain est le corollaire de la sécurité juridique des compétitions. Prétendre transformer une pelouse en prétoire et des décisions techniques en infractions pénales relève d’une confusion des genres regrettable.

Dans l’hypothèse où le mécontentement du député marocain serait légitime, l’accusation de « collusion » exigerait des preuves matérielles irréfragables, et non des conjectures sur des pratiques ésotériques qui échappent, par essence, au contrôle de la légalité.

Il est important de rappeler que le football a ses instances (CAF, TAS) et que la justice pénale a ses domaines de compétence. Il ne serait donc pas convenable de confondre les bancs de touche avec les bancs des accusés. En outre, il n’appartient pas à un député — d’autant plus lorsqu’il est issu du pays organisateur de la CAN — d’initier une plainte contre un arbitre accrédité par la CAF. Une telle démarche relèverait plutôt de la Fédération marocaine de football.

À toutes fins utiles, félicitations au Sénégal pour sa résilience et hommage au corps arbitral, qui a porté la lourde charge de l’impartialité sous le feu des projecteurs.

La FECOFA vole au secours de Jean-Jacques Ndala

Contrairement à une certaine opinion congolaise qui continue de se montrer hostile à l’arbitrage congolais lors de cette finale de la CAN Maroc 2026, la Fédération congolaise de football association (FECOFA) est montée au créneau pour apporter tout son soutien à l’arbitre Jean-Jacques Ndala et à ses assistants, dans un contexte marqué par des critiques acerbes à l’endroit du trio arbitral de la République démocratique du Congo.

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Très fière du comportement du sifflet congolais lors de cette CAN Maroc 2026, le Comité de normalisation de l’instance faîtière du football congolais a publié un message officiel de soutien à Jean-Jacques Ndala, Guylain Ngila et Gradel Mbilizi.

Dans ce communiqué, la FECOFA salue la ténacité, le professionnalisme et la droiture du trio composé de Jean-Jacques Ndala, Guylain Ngila et Gradel Mbilizi, estimant que leur prestation tout au long du tournoi a été à la hauteur des exigences du très haut niveau continental.

Face à cette polémique, la FECOFA entend réaffirmer sa confiance envers l’arbitrage congolais, qu’elle juge compétent et respecté sur la scène africaine. L’institution exhorte par ailleurs ses arbitres à poursuivre sur la voie de l’excellence et à continuer de représenter dignement la République démocratique du Congo lors des grandes compétitions internationales, malgré les critiques et la pression inhérentes à ce niveau de responsabilité.

En République démocratique du Congo, comme dans presque tous les pays du monde, les émotions ont parfois pris le pas sur la raison. Heureusement, plusieurs observateurs semblent revenir sur leurs premiers jugements, qui condamnaient à tort l’arbitre international expérimenté de la République démocratique du Congo.

Un message anonyme adressé à Jean-Jacques Ndala

Soutien inconditionnel à notre compatriote Jean-Jacques NDALA, peu importe ce que les gens disent de sa modeste personne !

Cher Jean-Jacques, vous avez été à la hauteur de ce match rempli d’émotion et de tension.
Je ne comprends pas mes compatriotes congolais qui, malheureusement, se livrent à la critique et à l’insulte envers leur propre frère.
Je donne raison à ceux qui disent que l’ennemi du Congolais est parfois son propre frère congolais.

Concernant le prétendu but refusé, il faut noter que l’arbitre avait sifflé l’action avant même ce fameux but. Quant au penalty accordé à l’équipe des Lions de l’Atlas, il ne pouvait souffrir d’aucune contestation.

Philippe Dephill Lipo

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