Peu après sa rencontre surprise avec son homologue rwandais, Paul Kagame, à Doha (Qatar), sous la médiation de l’émir Ben Hammad Al Thani, le président congolais, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, s’est exprimé sur le refus du M23 de se rendre dans la capitale angolaise pour prendre part aux négociations sous l’égide du président João Lourenço.
Pour le chef de l’État de la République démocratique du Congo, ce désistement prouve que les rebelles du M23 sont des pantins qui attendent de recevoir les ordres de leur maître, Paul Kagame, pour agir.
“Ce refus du M23 confirme aux yeux de l’opinion publique, tant nationale qu’internationale, que ces violents activistes sont des pantins qui attendent de recevoir des ordres pour agir. Ils sont hostiles à la paix et motivés par une soif d’enrichissement personnel, qu’ils assouvissent dans chaque localité qu’ils occupent”, a-t-il déclaré.
Pour Félix Tshisekedi, l’important est de discuter directement avec son homologue rwandais dans le but de trouver une solution définitive à ce conflit armé qui dure depuis plus de trois décennies à l’est de la République démocratique du Congo.
“Dans ces conditions, je ne vois pas comment on peut construire quelque chose de solide et de véritable avec ces inféodés. Il valait donc mieux discuter avec leur mentor. La recherche d’une solution définitive à la crise congolaise est guidée par les processus de dialogue de Luanda et de Nairobi, initiés par l’Union africaine, ainsi que par les organisations régionales soutenues par les Nations unies. La résolution 2773, votée à l’unanimité par le Conseil de sécurité de l’ONU fin février, exige le retrait immédiat des troupes rwandaises du territoire congolais et la fin du soutien militaire rwandais au M23. Elle exhorte ce groupe à caractère terroriste à cesser les hostilités et à se retirer des zones sous son contrôle”, a-t-il ajouté.
En attendant ces éventuelles négociations, les affrontements sanglants se poursuivent sur plusieurs fronts dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Ce qui pousse à croire que les deux parties ont du mal à respecter le cessez-le-feu et que la rébellion serait loin de se retirer du territoire congolais, conformément aux résolutions prises par le Conseil de sécurité des Nations unies.
Philippe Dephill Lipo
