Deux missions officielles, lancées à quelques jours d’intervalle par le Vice-Premier Ministre de l’Intérieur et par le Cabinet du Président de la République, exposent une situation critique de la ville de Kinshasa. Entre finances opaques, marchés publics contestés et résultats quasi invisibles sur le terrain, la gouvernance de la capitale paraît au bord du naufrage. Et au centre de cette tempête administrative, le Gouverneur de Kinshasa se retrouve plus que jamais assis sur une chaise éjectable, sous pression de toutes parts.
Une inspection exceptionnelle ordonnée par le Vice-Premier Ministre
Dans un courrier daté du 13 novembre 2025, le Vice-Premier Ministre en charge de l’Intérieur ordonne une mission d’envergure à l’Inspection Générale de la Territoriale. Cette inspection doit passer au crible :
- la gestion des recettes de la ville depuis 2024,
- les modalités de leur affectation,
- les procédures liées aux marchés publics,
- et l’état réel des travaux menés dans les communes de la capitale.
La présence d’experts du ministère des Finances et de la DGTCP confirme l’importance du dossier et l’ampleur des soupçons pesant sur l’administration provinciale.
La Présidence entre dans la danse : le FONAK dans le viseur
Le Cabinet du Président de la République dépêche à son tour une délégation chargée d’évaluer les opérations du FONAK, le Fonds National d’Assainissement de Kinshasa.
Ce fonds, censé lutter contre la dégradation environnementale de la capitale, fait l’objet de critiques croissantes : financements opaques, retards de chantier, impact quasi inexistant sur l’insalubrité qui gangrène Kinshasa.
Pendant que les inspecteurs se relaient et que les institutions croisent leurs diagnostics, les Kinois affrontent chaque jour un environnement urbain qui se dégrade :immondices, routes défoncées, inondations récurrentes, absence de services publics efficaces, insécurité grandissante.
LRP
