Une pluie d’une intensité inouïe, tombée dans la nuit du mardi 11 au mercredi 12 novembre 2025 à Kinshasa, a provoqué une véritable tragédie humanitaire dans la capitale de la République démocratique du Congo. Plusieurs morts, des blessés, des personnes portées disparues et d’importants dégâts matériels constituent le bilan provisoire de cet événement malheureux ayant paralysé, hier mercredi, une grande partie de l’ex-Léopoldville.
Alors que les autorités compétentes n’étaient pas encore en mesure de dresser un bilan final — déjà déchirant et probablement évolutif — Kinshasa affichait le visage désolant d’une ville meurtrie : routes inondées, circulation bloquée, plusieurs quartiers sous les eaux. Une situation critique dans de nombreuses communes urbaines, où le chaos était total dans plusieurs avenues. Les habitants, surpris dans leurs demeures, ne savaient plus à quel saint se vouer pour sortir de l’impasse.
Ceux qui avaient presque tout perdu tentaient, au péril de leur vie, de quitter leurs maisons englouties par les eaux, transportant sur la tête ou sur le dos ce qu’ils pouvaient encore sauver. L’urgence humanitaire est donc totale.
Des témoignages recueillis auprès de riverains font état de scènes poignantes : des personnes emportées par le courant d’eau en pleine nuit, alors que l’obscurité régnait sur les lieux du drame. La situation était particulièrement dramatique dans les quartiers vulnérables de certaines communes de la capitale, où les habitations sont construites vaille que vaille, souvent le long des cours d’eau — notamment à Kingasani, Masina, Limete, Ngaba, Mont-Ngafula et Selembao.
Mais, comme toujours en pareilles circonstances, les habitants de Kinshasa font preuve d’ingéniosité et de solidarité pour venir en aide, dans la mesure du possible, aux compatriotes sinistrés. Les secours étaient à pied d’œuvre pour tenter de sauver hommes et femmes appelant désespérément à l’aide.
Une scène poignante et déplorable, qui a bouleversé le quotidien des Kinois et Kinoises habitués à vivre au jour le jour, dans une débrouillardise constante pour joindre tant bien que mal les deux bouts du mois.
Appel à la responsabilité collective
Cette situation met en lumière les conséquences alarmantes d’une gestion inadéquate des déchets par une partie de la population, qui obstrue les caniveaux et aggrave ainsi les inondations.
Pour éviter que Kinshasa ne revive d’autres nuits cauchemardesques comme celle du mardi 11 au mercredi 12 novembre, il est impératif que chaque habitant de la capitale, du plus jeune au plus âgé, prenne conscience de son rôle dans la préservation de l’environnement urbain.
Face à ce défi, il convient de saluer les efforts déployés par le gouvernement provincial, qui intensifie actuellement les actions d’assainissement tout en sensibilisant les citoyens à adopter des comportements responsables.
Les prévisions météorologiques annoncent encore de fortes pluies sur Kinshasa durant les deux derniers mois de l’année. La population est donc appelée à prendre des mesures préventives afin d’éviter d’être, une fois de plus, victime d’un éventuel drame.
Philippe Dephill Lipo
