Le climat est extrêmement tendu ce vendredi 24 avril 2024 au quartier Simi-Simi, dans la commune de Makiso à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo.
Le déploiement d’un piquet militaire au niveau du site dit « Cabine » a mis le feu aux poudres, les habitants craignant une démolition imminente de leurs habitations au profit d’un projet aéroportuaire.
Le spectre des bulldozers hante désormais le quartier Plateau Médical. Selon plusieurs sources locales, des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont pris position dans la zone de la « Cabine », délimitant un périmètre allant de la 1re à la 4e avenue jusqu’à l’aéroport de Simi-Simi.
Un projet d’extension aéroportuaire en cause
Sur le terrain, les militaires affirment agir pour le compte de la Régie des voies aériennes (RVA).
L’objectif affiché est la récupération d’une concession réservée à la modernisation et à l’extension de l’aéroport de Simi-Simi. D’après les forces de l’ordre présentes, les matériels de construction seraient déjà mobilisés à Kinshasa, n’attendant que le feu vert administratif pour le début des travaux.
La population entre colère et désespoir
L’annonce de ces démolitions a provoqué une onde de choc parmi les résidents. Pour manifester leur désarroi, certains habitants ont brièvement érigé des barricades avant l’intervention des autorités militaires venues superviser la situation. Pour les riverains, dont beaucoup affirment détenir des titres de propriété, cette opération imminente est synonyme de catastrophe sociale.
Dans l’attente du Palais de la Nation
Si le marquage au sol et la présence militaire confirment la détermination des autorités, l’opération reste officiellement suspendue à une dernière formalité. « Tout est prêt, nous n’attendons plus que la signature présidentielle », confie une source sécuritaire sur place.
En attendant, le quartier Simi-Simi retient son souffle, oscillant entre colère et incertitude face à ce qui pourrait être l’une des plus importantes opérations d’expropriation de la ville ces dernières années.
Philippe Dephill Lipo
