La tension est montée d’un cran lundi matin, le 15 décembre 2025, à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, entre les partisans de Jean-Marc Kabund et les éléments de la Police nationale congolaise. Et pour cause : malgré l’interdiction formelle des autorités, l’opposant Jean-Marc Kabund et son parti politique, l’Alliance pour le changement, avaient décidé de maintenir l’activité politique qu’ils avaient planifiée pour la journée, à savoir un appel à manifester pour la tenue imminente d’un dialogue national inclusif, à la suite de la prise de la ville stratégique d’Uvira, dans le Sud-Kivu, par les rebelles du M23/AFC, soutenus ouvertement par l’armée rwandaise.
Mais la réaction du pouvoir ne s’est pas fait attendre. Très tôt, la résidence de l’homme devenu un opposant irréductible de Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a été encerclée par d’importants éléments de la Police nationale congolaise afin d’empêcher l’ancien président intérimaire de l’UDPS de descendre dans la rue.
La situation a, à un moment donné, été jugée très tendue. Le risque d’un affrontement était palpable entre les forces de l’ordre et les manifestants décidés à aller au bout de leur logique. Mais face au déploiement massif des éléments de la police, la marche a été étouffée.
Par contre, la Fédération du Haut-Katanga du parti politique de Jean-Marc Kabund-a-Kabund est descendue massivement dans les rues de Lubumbashi pour exiger la tenue d’un dialogue national inclusif et réclamer une paix durable à l’Est du pays, conformément à l’appel constant de leur leader.
Une réaction incendiaire face au refus des autorités urbaines
En réaction au refus des autorités urbaines d’autoriser sa marche, Jean-Marc Kabund a réagi en ces termes sur les réseaux sociaux :
En violation de l’article 26 de la Constitution, le pouvoir en place tente de nous interdire arbitrairement une marche pacifique et, en parallèle, finance avec l’argent du Trésor public les contre-marches et recrute les Kulunas à travers la ville de Kinshasa pour nous attaquer avec des armes blanches. Ceci prouve que le régime de Kinshasa s’est définitivement rangé du côté de l’arbitraire et de l’oppression.
Pendant que nos compatriotes de l’Est sont livrés à l’agression étrangère et à l’abandon de l’État, le pouvoir choisit de museler les Congolais qui exigent du gouvernement de mettre fin aux souffrances de ces derniers, au lieu de les protéger. Il préfère insuffler l’intimidation, la peur et le chaos plutôt que la sécurité, la justice et la souveraineté nationale.
La RDC vit sous une tyrannie, une démocratie confisquée, où les droits fondamentaux sont accordés ou retirés selon la convenance du pouvoir. Cette dérive autoritaire constitue une trahison grave de l’idéal démocratique pour lequel tant de Congolais se sont battus. Face à cette tyrannie et à la lumière de la tragédie que traversent nos compatriotes de l’Est, nous n’avons plus le choix : se taire, c’est se soumettre.
Notre marche est maintenue.
Aucune interdiction illégale, aucune intimidation, aucune manœuvre de terreur ne nous fera reculer. Ce lundi 15 décembre, nous appelons le peuple à se lever, à briser le mur de la peur et à reprendre, pacifiquement mais fermement, sa souveraineté dans la rue.
Chaque atteinte à nos libertés renforcera la détermination citoyenne et populaire, ainsi que la lutte pour la dignité, la justice et la libération démocratique de notre pays. Chaque acte d’intimidation rencontrera une résistance farouche de notre part.
Peuple congolais, lève-toi et prends ton destin en main.
Philippe Dephill Lipo
