A part le Programme du Développement Local des 145 Territoires (PDL-145T), La Cellule d’exécution des Financements en faveur des Etats Fragiles (CFEF), a accompli des divers projets avec des résultats palpables. Par exemple, le Projet de Développement des Pôles de Croissance Ouest (PDPC), qui avait pour objectif d’augmenter la productivité et l’emploi dans les chaînes de valeur des filières sélectionnées dans les zones cibles a fait des exploits.

La plateforme Agroindustrielle de Lukula a été installée dans le cadre de ce projet axé au développement des chaînes de valeur agricole dans le Kongo Central pour augmenter la productivité et l’emploi dans les filières riz, manioc et huile de palme, dans les six pôles nodaux identifiés sur le corridor Inkisi, Mbanza-Ngungu, Kimpese, Boma, Lukula et Tshela, afin d’accroître les revenus des agriculteurs.

Aujourd’hui, cette usine fruit du projet PDPC travaille avec les paysans dans la promotion des produits agricoles. Elle évolue dans la transformation de manioc en farine ordinaire appelée « Fufu », la farine de panification qu’on peut mélanger avec la farine de froment pour la boulangerie, dans la pâte de manioc (Bimpuka) pour la fabrication de la chikwangue.
Dans une interview accordée au Directeur Général de l’ATA, Floribert Bafuanusua – Mamoso, l’usine achète des matières premières qui sont des produits agricoles auprès des paysans qu’ils appuient avec des semences améliorées (manioc, maïs). L’idée est de faire venir les matériels à haut rendement pour mettre à la disposition de tous ces paysans afin d’augmenter leur productivité dans le seul but de faire tourner l’usine. Ainsi, la productivité journalière est relativement dépendant des produits achetés par l’usine. Elle varie d’une manière ou d’une autre.

Le manioc et le maïs produits sont emballés dans un sac de 25 kg sous le logo : » Tonga Nzoto ». Un sac de manioc revient à 72.000 francs congolais et un sac de riz à 72.000 francs congolais. Ces produits bio sont mis sur le marché à Kinshasa, à Boma. Ils ont été également sollicités à Muanda, à Matadi, etc. L’usine se prépare déjà pour ouvrir des points de vente partout ailleurs.
Avec l’huile de palme, l’usine a une unité de raffinerie qui n’est pas encore au grand complet. Elle attend deux autres unités manquant relatives à la désodorisation et à la décoration. Dès que toutes ces unités sont prêtes, l’usine va mettre en bouteille et larguer le produit su
Actuellement, elle acheté quand même des régimes auprès des paysans pour stoker l’huile brut(rouge). La difficulté sur cette ligne est le faible taux d’extraction du régime qui varie de 6% à 7%.
Pour le DG, cette situation est causée par manque d’amélioration des matériels végétales rendant des couches faibles. C’est un handicap pour une évolution normale. Raison pour laquelle, l’usine a organisé une autre unité pour valoriser les huiles amandes palmistes afin de compasser le manque à gagner.
Étant donné que la zone est dépourvue d’éleveurs de riz, l’usine produit de 33% à 40% de la production locale, dont une tonne vaut 400 Kg. Ne produisant pas assez de riz dans la zone, les petites quantités coûtent 350 dollars voire 360 dollars le riz paddy vendu par les paysans. Pour lui, l’usine envisage un projet sur la valorisation de tous ces petits déchets pour les aliments des bétails. Il a, à cet effet, évoqué l’obtention des machines efficaces pour leur certification.
Quelques difficultés rencontrées
Le numéro Un de l’ATA a expliqué quelques difficultés qui empêchent l’épanouissement de l’entreprise à savoir ; le mauvais état des routes agricoles causant des pannes aux tracteurs qui se rendent dans des villages éloignés pour s’approvisionner des régimes de noix de palme. Il espère à cet effet, au programme d’entretien des routes du Gouvernement de la République.
La plate-forme Agro industrielle a donné de l’emploi et des opportunités aux jeunes de Lukula qui sont des travailleurs. Avant de s’y intégrer, ces jeunes natifs de Lukula et des milieux environnants sont formés sur toutes les lignes. 95% de ces jeunes, dont la plupart passaient leurs activités aux champs, ont intégré l’usine pour gagner leur pain quotidien. L’ATA se trouve dans sa phase d’essai depuis janvier 2025. Jusque-là, il y a des unités qui ne sont pas encore au complet. A la raffinerie par exemple, on doit compléter les machines qui manquent voire à la minoterie ou l’on doit ramener d’autres moulins.
A l’heure actuelle, l’usine sensibilise les paysans pour les inviter à travailler davantage afin de vendre leurs produits agricoles. Le DG Floribert Bafuanusua a émis son vœu de voir le personnel travailler durement pour être rentable afin de continuer à exister. » Nous n’attendons pas des dons mais d’abord un travail bien fait avec nos propres efforts », a-t-il rassuré.

Dans son témoignage, l’ingénieur électromécanicien à l’ATA, Ndungunu Nionzi a confirmé l’apport de l’usine à Lukula qui a donné du travail aux jeunes dans cette partie du pays, la commercialisation des produits agricoles. Les paysans ont l’argent facile avec leurs produits vendus à l’usine, l’achat des pâtes de manioc pour fabriquer des chikwangues.
Un succès pour les populations Rencontrée sur le lieu, la machiniste Ndendo Ngoma formée par les chinois pour faire tourner la raffinerie est fière de travailler sans complexe à l’usine. » grâce à une bonne formation acquise, je suis capable aujourd’hui de briser les barrières pour rendre des loyaux services à la nation congolaise en général et à l’entreprise qui m’a embauché en particulier. Je suis une femme de valeur au profit de ma propre génération et celle de ma famille », a-t -elle indiqué.
Le poste de Moenge assure une meilleure desserte en électricité aux populations locales
En vertu de ce projet PDPC, dans sa sous-composante : Aide à l’infrastructures rurale, il a été décidé la construction de poste Électrique à Moenge (132/30 kilovolts) qui aujourd’hui est une réalité pour alimenter cette plate-forme agroindustrielle de Lukula.
Mise en service depuis le 1er octobre 2019, le poste stratégique de transformation HT/MT 132/30KV de Moenge à Lukula dans la province du Kongo Central alimente quatre territoires notamment ; une partie du territoire de Muanda (vers le secteur Bomabungu), de Boma, de Lukula et de Tshela.
Dans un entretien avec le chef de poste, l’ingénieur Muanda Nzita, la tension transformée au poste de Moenge a deux départs à savoir ; Lukula -Tshela et Mwenge -Boma. En transit de tous ces départs, a-t-il insisté, il y a bien sûr des sous stations qui transforment aussi la tension de la ligne 30/66 au niveau de Tshela et une autre ligne transformant la tension de 30/15/66 qui va de Moenge jusqu’à Lemba. Le transformateur a une puissance de 10 megawatts.
L’ingénieur Muanda Nzita a saisi cette occasion pour solliciter un 2éme transformateur HT et a aussi pensé à l’élargissement, par l’implantation d’une autre ligne MT pour décharger le transformateur en service actuellement. Le poste de Mwenge dessert plus au moins 17 cabines de Lukula à Tshela et 16 cabines de la station à Lemba. Bref, il y a une trentaine de cabines alimentées à ces jours avec un millions d’habitants par cabine. Il a toutefois signalé que l’opération d’installation des cabines se poursuit dans cette partie du pays.

Les populations de Mayombe émerveillées à l’implantation de poste de Moenge qui aspire au développement et qui améliore la desserte en électricité dans cette partie du pays au bénéfice des ménages et des industries qui s’accroit petit à petit.
L’ingénieur Muanda Nzita a évoqué quelques difficultés rencontrées notamment au niveau de la ligne MT où l’on enregistre des déclenchements intempestifs lorsqu’il pleut causés par la ligne qui traverse de part et d’autre des forêts denses.
Bibiche Mungungu
