Pas question d’hypothéquer la souveraineté nationale avec la rébellion du M23. Le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, rejette la proposition du Qatar de co-gérer avec les rebelles les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu pour une période de cinq ans.
À en croire des sources proches de la Présidence de la République congolaise, le Chef de l’État aurait promis d’appliquer le plan B en cas d’échec des négociations.
En tout cas, il n’est pas question pour le Président de la République d’une co-gestion du Kivu pendant cinq ans avec l’AFC/M23. Il n’est pas non plus question d’une force spéciale mixte AFC/M23 – FARDC, alors que la libération de 700 prisonniers rebelles, exigée par la rébellion, est jugée exagérée.
Qu’adviendra-t-il alors de la situation sécuritaire dans les territoires sous occupation rwandaise via le M23 et l’AFC de Corneille Nangaa ? Ce refus catégorique de Kinshasa pourrait avoir un impact sur une situation sécuritaire déjà fragile à l’Est du pays. Et c’est la population qui en paierait certainement les frais.
Un adage connu de tous ne dit-il pas :
« Quand deux éléphants se battent, ce sont les herbes qui en souffrent » ?
En refusant cette proposition qatarie, Félix Antoine Tshisekedi sait pertinemment qu’il est face à un piège sournoisement tendu par la rébellion.
Pourtant, ce processus de paix, soutenu en coulisses par Washington et encouragé par l’activisme discret du Qatar, aurait dû marquer un tournant historique pour la République Démocratique du Congo : la fin de plus de deux décennies de guerre hybride à l’Est.
Mais pour y parvenir, Félix Tshisekedi est appelé à ne pas répéter les erreurs commises par son prédécesseur, Joseph Kabila.
Pourquoi le M23 voudrait-il s’impliquer dans la gestion d’une nation souveraine comme la RDC, alors qu’il est mondialement reconnu comme une émanation du régime rwandais ?
Depuis sa création, le M23 n’a jamais été un groupe rebelle indépendant. C’est un instrument militaire et politique du Rwanda, parfois secondé par l’Ouganda. À chaque cycle, le scénario est le même :
- Prise de territoire ;
- Réintégration dans l’armée (FARDC) ;
- Accords politiques biaisés.
Mais à Doha, la stratégie rusée de ce groupe rebelle semble toucher à sa fin.
Privé de solution militaire et acculé de toutes parts dans le monde, Paul Kagame change continuellement de discours et de propositions. Ce qu’il veut réellement, c’est s’établir durablement sur le territoire congolais afin de continuer à piller, littéralement, ses ressources naturelles.
Aujourd’hui, après avoir vécu les compromissions interminables censées ramener la paix au pays, le peuple congolais ne veut plus d’une nouvelle compromission.
Pas question du M23 sur une portion de terre congolaise !
Plus jamais le retour des bourreaux déguisés !
Le peuple s’est déjà exprimé : pas d’hypothèque sur la souveraineté nationale, quelles qu’en soient les circonstances.
La Patrie ou la mort !
Il reste au Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, d’être à la hauteur du destin du pays de Simon Kimbangu.
Philippe Dephill Lipo
