L’ambassadrice des États-Unis d’Amérique en République démocratique du Congo, Lucy Tamlyn, s’est exprimée lundi 15 décembre 2025 devant la presse à Kinshasa pour défendre bec et ongles l’accord de Washington signé entre la RDC, le Rwanda et les États-Unis.
« L’accord de Washington n’est pas un bradage des minerais congolais, mais un partenariat gagnant-gagnant », a déclaré la diplomate américaine en poste à Kinshasa.
Et de renchérir : l’accord de Washington comprend plusieurs volets. « Nous avons d’abord l’accord entre la RDC et le Rwanda, où les États-Unis sont médiateurs. Il y a aussi des accords bilatéraux avec la République démocratique du Congo, mais ces accords ont été négociés pour un partenariat gagnant-gagnant. »
La diplomate américaine a martelé : « Il y a des bénéfices pour le côté congolais ainsi que pour le côté américain », a déclaré Mme Tamlyn, précisant que « nous avons été clairs dès le début : nous voulons nous-mêmes disposer d’une chaîne de production de minerais critiques nécessaires à nos industries et à la défense des États-Unis. Et nous sommes entrés dans un accord avec la RDC en ce qui concerne les investissements américains sur place. »
Des enjeux
- Légitimation d’un accord controversé : face aux critiques congolaises sur une possible exploitation déséquilibrée des ressources, l’ambassadrice tente de rassurer sur l’équité du partenariat.
- Transparence sur les intérêts américains : en reconnaissant ouvertement la nécessité d’accéder aux minerais critiques pour l’industrie et la défense des États-Unis, Lucy Tamlyn adopte une posture de franchise stratégique.
Double volet de l’accord
La diplomate américaine a clairement distingué l’accord de paix RDC–Rwanda (dans lequel les États-Unis jouent un rôle de médiateurs) des accords bilatéraux RDC–USA, afin d’éviter tout amalgame.
- Enjeu de souveraineté et de confiance : son intervention vise à apaiser les craintes d’une recolonisation économique et à renforcer la crédibilité de l’engagement américain en RDC.
La question qui se pose est de savoir si ces assurances diplomatiques de Lucy Tamlyn suffiront à dissiper les suspicions d’une partie de l’opinion congolaise quant aux véritables intentions des États-Unis dans cet accord.
En effet, si une frange de la population de la République démocratique du Congo approuve cet accord américano-congolais, force est d’admettre que les Congolais préfèrent avant tout que le Président américain use de son influence incontestable sur le plan mondial pour mettre un terme à la guerre dans l’Est de la RDC.
Là où le bât blesse pour des millions de Congolais, c’est de constater que l’armée rwandaise continue d’aider la rébellion à s’accaparer des villes de la RDC, et ce, au lendemain même de la signature de l’accord de Washington.
Philippe Dephill Lipo
