Incroyable mais vrai : une affaire de disparition d’un organe génital masculin a été signalée le mardi 13 janvier 2026 à l’Institut JUHUDI de Kindu, chef-lieu de la province du Maniema.
Il s’est agi d’un cas présumé de disparition d’un organe génital masculin appartenant à un patient hospitalisé, un événement insolite ayant suscité de vives inquiétudes au sein de l’opinion locale.
Des sources locales rapportent que la victime se serait présentée personnellement à l’Institut JUHUDI pour signaler le mal qui lui serait arrivé, à savoir la disparition, dans des circonstances mystérieuses, de son organe génital masculin. Dépassés par l’ampleur de l’événement, les responsables scolaires ont rapidement alerté les autorités compétentes pour des raisons évidentes.
À leur tour, les services de sécurité ont rapidement ouvert une enquête afin d’élucider les faits. Les premières investigations auraient fait état d’un suspect présumé, qui aurait été identifié, interpellé puis placé en détention à la prison centrale de Kindu, en attendant la suite de la procédure judiciaire.
Face à la sensibilité du dossier, les autorités locales appellent la population au calme et exhortent l’opinion à éviter la propagation de rumeurs, au moment où les enquêtes se poursuivent afin de faire toute la lumière sur cette affaire insolite.
En effet, cette affaire relance les débats houleux d’autrefois sur d’éventuels cas similaires qui se seraient produits dans les provinces de l’Équateur et de la Tshopo, où des personnes soupçonnées d’être à la base de ce phénomène avaient été lynchées publiquement jusqu’à perdre la vie.
C’était notamment le cas dans le territoire de la Tshopo, où deux médecins en mission officielle dans la région avaient été brûlés vifs, soupçonnés à tort d’être à l’origine de la disparition de plusieurs organes reproducteurs masculins chez de jeunes gens.
Quid du phénomène du « Koro » ?
Le phénomène de Koro est un trouble psychiatrique culturellement spécifique, caractérisé par une anxiété intense et une peur délirante que les organes génitaux (pénis ou vulve) se rétractent à l’intérieur du corps, entraînant la mort. Bien qu’historiquement associé à l’Asie, il apparaît également en Afrique, souvent en lien avec la sorcellerie. Il peut se manifester de manière individuelle ou sous forme d’épidémies de panique collective, déclenchées par des rumeurs, le stress ou des facteurs sociaux, sans cause physique réelle.
Caractéristiques principales :
- Symptôme : peur irrationnelle et anxiété intense liées à la disparition des organes génitaux.
- Nature : psychosomatique et culturellement ancrée ; il ne s’agit pas d’une hallucination, mais d’une détresse réelle.
- Déclencheurs : stress, peur, rumeurs, croyances (sorcellerie en Afrique), contexte social.
Manifestations :
- Koro incomplet : anxiété avec peur de la rétraction.
- Koro complet : conviction d’une rétraction totale menant à la mort.
Types :
- Sporadique (cas individuel).
- Épidémique (panique collective).
Exemples de déclencheurs culturels :
- En Asie : rumeurs de viandes contaminées ou d’esprits voleurs de pénis.
- En Afrique : attribution à la sorcellerie, avec des accusations de vol d’organes génitaux pouvant conduire à des lynchages.
Importance culturelle :
Le syndrome met en évidence l’interaction entre la culture, la psychopathologie et les croyances sociales, où la peur peut prendre une forme somatique concrète. Il est classé parmi les troubles liés à des concepts culturels, reflétant une détresse psychologique exprimée à travers le corps.
Philippe Dephill Lipo
