On croyait que la Police et les autres services de sécurité auraient maîtrisé le banditisme et la criminalité à Kinshasa. En vain. Le phénomène est bel et bien ressuscité et a même pris de l’ampleur dans la capitale de la République démocratique du Congo, où chaque jour les habitants subissent des actes criminels de toutes sortes.
Cette situation pousse une certaine opinion à réclamer, bec et ongles, l’application effective de la peine de mort à l’encontre des personnes mises en cause.
En effet, Kinshasa est de nouveau plongée dans la peur, la population étant en proie au choc et aux traumatismes de ce qui advient ces derniers jours dans ses milieux de vie.
Découvertes répétées de corps sans vie, scènes de braquages, vols à main armée de véhicules, kidnappings et viols ont repris d’une manière scandaleuse à travers la ville, alimentant, de ce fait, un climat d’angoisse chez les habitants de plusieurs communes de la capitale congolaise.
Pour rappel, au début de cette semaine, un jeune homme avait été lâchement tué et sa voiture emportée dans la commune de Ngaliema par des criminels non autrement identifiés, qui seraient encore dans la nature.
Ce drame, qui avait semé la terreur dans le cœur des habitants du terroir, s’ajoute à plusieurs autres cas déjà signalés ces derniers jours dans différents quartiers urbains, où des dépouilles avaient été retrouvées, suscitant une panique généralisée au sein de l’opinion kinoise.
Plus récemment, un cas de braquage a été déjoué de justesse par les forces de l’ordre au rond-point Ngaba, vers l’avenue By-pass. Une intervention rapide des services de sécurité qui avait permis d’éviter un éventuel nouveau drame. L’acte de bravoure posé par la police avait été, à juste titre, salué par des riverains, quand bien même, selon eux, cela reste insuffisant face à l’ampleur du phénomène au quotidien.
Dans plusieurs communes, la colère monte. De nombreux habitants appellent les autorités à durcir considérablement la réponse pénale contre les présumés auteurs de crimes graves, une plainte qui ravive les débats houleux autour de la problématique de la peine de mort, une disposition controversée figurant toujours dans l’arsenal juridique congolais pour certains crimes.
« Après des condamnations, il faut des sanctions exemplaires pour dissuader les autres fauteurs de troubles de rééditer les faits condamnables. Sinon, l’insécurité continuera », estime un habitant de Kinshasa qui s’est exprimé sous le sceau de l’anonymat.
Les Kinois ne jurent que par l’application ferme de la condamnation à mort pour freiner la spirale criminelle. Une autre opinion populaire pense que l’absence d’exécution effective des peines prononcées affaiblit l’autorité de l’État et encourage plutôt la récidive.
Toutefois, des observateurs rappellent que la lutte contre l’insécurité ne saurait se limiter à la seule sévérité des sanctions. Ils plaident pour un renforcement des enquêtes, une meilleure coordination des services de sécurité, un fonctionnement plus efficace de la justice ainsi que des politiques sociales capables d’endiguer les causes profondes de la criminalité.
Dans une ville de plus de dix millions d’habitants comme la capitale de la République démocratique du Congo, confrontée quotidiennement à des défis économiques majeurs, la sécurité doit demeurer au centre des préoccupations. Entre exigence de fermeté absolue et appel à des réformes structurelles, les autorités sont désormais attendues sur des mesures concrètes et visibles.
Une certitude demeure : à Kinshasa, la population veut voir la peur changer de camp.
