L’article 27 de la Constitution de la RDC garantit à tout Congolais le droit d’adresser une pétition aux autorités publiques, qui doivent y répondre dans un délai de trois mois. En outre, il est explicitement interdit de pénaliser ou de poursuivre une personne pour avoir soumis une telle pétition.
Forte de ces principes constitutionnels, l’Alliance pour le dialogue inclusif et la réconciliation (ADIR) a lancé, lundi 24 novembre 2025, à la 10ᵉ rue Limete, une pétition à soumettre au Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en vue de la convocation d’un dialogue national inclusif réunissant tous les Congolais, avec la participation de toutes les parties prenantes impliquées dans la crise à l’Est du pays ainsi que celles ayant initié différents dialogues au bénéfice de la RDC, notamment les États-Unis et le Qatar.

Selon M. Priss Mwabi Tambwe, président de l’ADIR, cette structure est animée par un seul objectif : amener le peuple congolais à un dialogue national inclusif afin de baliser le chemin vers la paix en RDC.
Dans cette pétition, l’ADIR estime que le processus de négociations engagé par le gouvernement de la RDC, ainsi que la signature de différents accords, souffre d’une crise de confiance entre les parties signataires, d’une part, et la classe politique non impliquée ainsi que la société civile, d’autre part.
D’où l’urgence de permettre aux Congolais de dialoguer pour examiner sereinement leurs problèmes réels et envisager des solutions durables.

Parmi les raisons évoquées pour justifier la tenue d’un dialogue national inclusif, l’ADIR cite l’occupation prolongée — depuis plus de trois ans — de certains territoires nationaux par le mouvement armé AFC/M23, appuyé par le Rwanda, entraînant de graves violations des droits humains, des déplacements massifs de population et diverses formes de prédations qui affectent durablement les populations locales.
L’ADIR évoque également, dans sa pétition, le conflit meurtrier dit « Mobondu » dans l’espace Grand Bandundu et sur les plateaux des Batéké, qui continue de semer la désolation, « sans réponse efficace des autorités nationales ».
À cela s’ajoute la criminalité galopante dans la capitale, Kinshasa, avec le phénomène « Kuluna », ainsi que dans d’autres grandes villes, marquées notamment par l’assassinat de plusieurs professionnels de santé dans la province de la Tshopo, sans qu’aucune déclaration officielle ou expression publique de compassion n’ait été faite par le gouvernement central.
L’ADIR dénonce aussi la montée vertigineuse des discours de haine à caractère tribal, alimentant les tensions entre communautés, tant au sein de la classe politique — majorité comme opposition — que dans les médias et sur les réseaux sociaux.
S’y ajoute la banalisation des détournements des deniers publics, devenus quasi quotidiens, sans sanctions exemplaires à l’encontre des auteurs de ces actes qui appauvrissent davantage le peuple congolais.
Tout en soutenant la Feuille de route du 25 août 2025 des confessions religieuses (CENCO – ECC – PCRC & CIN) pour la paix et le vivre-ensemble en RDC et dans la région des Grands Lacs, l’ADIR invite les populations victimes des faits évoqués ci-dessus à signer la pétition qu’elle vient d’initier, afin de demander au Chef de l’État, Félix Tshisekedi, de convoquer le dialogue national inclusif.

À en croire M. Priss Mwamba Ntumba, cette pétition sera transmise dans toutes les provinces, territoires et communes — urbaines comme rurales — du pays.
Elle sera également mise en ligne pour permettre aux Congolais de la diaspora d’y apposer leur signature.
Au cours de cette activité, M. Priss Mwamba Ntumba a remercié les autorités du pays pour leur implication facilitant la libre circulation des membres de l’ADIR.
Notons qu’à l’issue de la cérémonie, l’ADIR et tous ses membres présents ont signé la pétition, invitant ainsi l’ensemble des Congolais à s’engager dans la même direction.
José Wakadila

Bonne initiative