Dans une mise au point rendue publique le 06 décembre, le Secrétariat général de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) dit avoir suivi avec stupéfaction les propos ahurissants, discourtois et menaçants, d’un ton martial, du Vice-Premier Ministre, Ministre des Transports et Voies de Communication, Jean-Pierre BEMBA à l’endroit de l’Église Catholique, dans son interview à la Radio Top Congo, le mardi 4 décembre 2024.
« Sans nous en cacher, ces propos belliqueux et truffés de contrevérités nous ont paru peu honorables pour un homme d’État de son rang. Nous trouvons particulièrement indécent de parler de « politiciens en robes » », déplore l’Église catholique.
Et de rappeler: « Parlant de l’Église catholique, le ministre des Transports et Voies de Communication a commencé par affirmer que le Président de la République a accordé, à chacun des 47 diocèses de la RD Congo, la faveur de bénéficier d’un montant de 1.000.000 $ pour la construction des œuvres caritatives et de développement. Une première dans l’histoire de notre pays, s’est-il exclamé. Ensuite, il s’est interrogé si les ouvrages financés ont été réellement réalisés, insinuant par le fait même que les fonds octroyés pourraient avoir pris une autre destination. Nous comprenons bien l’ironie cachée derrière une interrogation apparemment innocente ».
Par ailleurs, la CENCO déplore cette sortie médiatique émaillée d’allusions, d’attaques et de procès d’intentions contre l’Église catholique de la RD Congo.
« Nous sommes affligés de constater que monsieur Bemba ne maîtrise pas le dossier des projets financés par le trésor public, à la demande du Chef de l’État. Au nom de la sagesse élémentaire, il aurait intérêt à s’informer davantage avant de prendre publiquement la parole », a-t-elle affirmé.
À en croire la CENCO, la vérité est qu’il y a plus de deux ans, à la demande personnelle et insistante du Président de la République, conformément à la mise en application de l’Accord-Cadre entre le Saint-Siège et la République Démocratique du Congo sur les matières d’intérêt commun, le Gouvernement de la RD Congo et l’Église catholique ont convenu de collaborer pour la mise en œuvre des projets sociaux et économiques à impact visible en faveur des populations locales à travers les 48 diocèses de la RD Congo. Sans jamais avoir été demanderesse, et surtout dans le souci de rendre service à la population, de bonne foi, l’Église s’est engagée.
« Auréolée de son expérience incontestable en matière de développement et des avantages de son omniprésence en territoire congolais, elle a accepté cette lourde charge en vue de contribuer au bien commun des Congolaises et Congolais qui, comme on le sait, est souvent compromis à cause de la mauvaise gouvernance et de la corruption. Signalons toutefois que, pour des raisons pertinentes, largement compréhensibles, l’Archidiocèse de Kinshasa s’est abstenu d’accéder aux fonds », a renchéri la CENCO.
Dans la foulée, le Secrétariat général de la CENCO a fait savoir que dès le départ, le Gouvernement congolais s’était engagé à mettre à la disposition des diocèses, trimestriellement, un fonds pour la mise en œuvre des projets retenus par chacun des 47 autres diocèses de la RD Congo. Pour des raisons de trésorerie, il n’a malheureusement pas respecté l’échéance, mais il n’a pas renoncé aux engagements pris.
« A ce jour, plus de deux ans après cet accord, seulement deux tranches de 300.000 $ ont été données, la première en 2022 et la deuxième en 2023 ; soit 600.000 $ par diocèse. Tous les diocèses se sont mis à l’œuvre. Certains ont même reçu la visite du Conseiller principal du Président de la République en charge des questions religieuses. De toute manière, un rapport en bonne et due forme des œuvres réalisées, avec des images à l’appui, a été remis en mains propres au Chef de l’État. Celui-ci n’a pas caché sa pleine satisfaction. Une copie de ces réalisations a été donnée aussi à Madame la Première Ministre. Par souci de loyauté et de transparence, en collaboration avec la presse de la présidence de la République, le Secrétariat général de la CENCO a réalisé une émission sur le travail accompli », a-t-il indiqué.
Dans ce communiqué, la CENCO demande au VPM Jean Pierre BEMBA de rendre publiques les preuves de ses allégations de 1.000.000 $ mises à la disposition de chaque diocèse.
« De même, nous continuons d’attendre, patiemment, celles de la prétendue collaboration qu’il avait insinuée, sans froid aux yeux, de notre Mission d’observation électorale avec les Russes pour pirater le serveur de la CENI », poursuit-elle.
Eldad B.
