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Renforcer le suivi national des tourbières dans le Bassin du Congo central grâce à des ateliers techniques interinstitutionnels

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Les tourbières du Bassin du Congo central constituent le plus vaste complexe de tourbières tropicales au monde et stockent d’importantes quantités de carbone, ce qui en fait des écosystèmes essentiels pour l’atténuation des changements climatiques. Elles régulent également les flux hydriques, contribuant à réduire les risques d’inondation, à maintenir la qualité de l’eau et à soutenir l’adaptation au changement climatique des écosystèmes et des communautés. Ces écosystèmes s’étendent au-delà des frontières nationales de la République démocratique du Congo et de la République du Congo, formant un paysage continu où les processus et pressions environnementales ne s’arrêtent pas aux limites administratives.

Des menaces telles que les changements d’affectation des terres, l’exploitation des ressources et la variabilité climatique peuvent affecter les tourbières à l’échelle régionale. Étant donné le caractère transfrontalier de ces écosystèmes, améliorer leur suivi et leur compréhension nécessite une coopération entre les pays ainsi que des approches de suivi compatibles.

Conscients de cet enjeu, la FAO et des experts nationaux de la République démocratique du Congo (RDC) et de la République du Congo ont récemment organisé deux ateliers techniques visant à renforcer les capacités de suivi des tourbières et à améliorer la coordination des données relatives aux forêts et aux tourbières.

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Brazzaville : cérémonie d’ouverture avec Olga Rosine Ossombi Mayela, directrice générale du Développement durable, et Narcisse Ofoulou, point focal tourbières au sein du Ministère de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo (MEDDBC), ainsi que la représentante de la FAO, Ricarda Mondry.

Organisés à Kinshasa, en RDC, du 24 au 27 février 2026, et à Brazzaville, en République du Congo, du 2 au 5 mars 2026, ces ateliers ont réuni 58 experts techniques issus d’institutions gouvernementales, d’agences forestières, de centres de recherche et d’autres parties prenantes engagées dans le suivi de l’utilisation des terres et de l’environnement, dont 26 participants à Kinshasa et 32 à Brazzaville. La participation a également mis en avant l’inclusion de genre, avec une représentation active des femmes parmi les participants et au sein de l’équipe technique de la FAO en charge des formations. Les ateliers ont été organisés en étroite collaboration avec les autorités nationales, notamment le Secrétariat général à l’Environnement, au Développement durable et à la Nouvelle Économie du Climat (SG-EDD-NEC) en République démocratique du Congo et le Ministère de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo (MEDDBC) en République du Congo.

Les ateliers ont porté sur le renforcement des systèmes nationaux de suivi des forêts afin d’y intégrer les tourbières, tout en favorisant une meilleure harmonisation des approches de suivi entre les deux pays.

Renforcement des capacités techniques

Ces ateliers s’inscrivent dans la continuité de plusieurs années de collaboration entre la FAO et les institutions nationales en charge du suivi forestier. Les appuis précédents ont permis de développer des inventaires forestiers nationaux, des outils de suivi de l’utilisation des terres et des cadres institutionnels pour la gestion des données.

Au cours des sessions, les participants ont travaillé sur les aspects pratiques du suivi des forêts et des tourbières, notamment la collecte de données, leur analyse et l’intégration de différentes sources de données dans les systèmes nationaux de suivi forestier.

Les ateliers se sont également appuyés sur les orientations techniques de la FAO, notamment la publication Cartographie et suivi des tourbières : recommandations et aperçu technique, qui propose des recommandations pratiques pour la cartographie, l’évaluation et le suivi des écosystèmes de tourbières, et soutient les pays dans l’intégration des données sur les tourbières dans les systèmes nationaux de suivi forestier et les processus de rapportage climatique.

« Des systèmes de suivi efficaces reposent sur des outils techniques avancés et accessibles, ainsi que sur une étroite collaboration entre les institutions », a déclaré Matthew Warren, chargé des forêts à la FAO. « Ces ateliers permettent de réunir les experts nationaux pour échanger des connaissances et renforcer les bases techniques nécessaires afin de mieux suivre l’évolution des forêts et des tourbières. »

Les participants ont également partagé leurs expériences sur l’amélioration de la coordination entre les institutions impliquées dans le suivi forestier et sur le renforcement des mécanismes de partage des données.

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Appuyer la prise de décision éclairée

Des données forestières fiables jouent un rôle essentiel dans l’aménagement du territoire, la conservation de la biodiversité ainsi que dans l’atténuation et l’adaptation au changement climatique. Pour les tourbières en particulier, le suivi est indispensable pour comprendre l’évolution de ces écosystèmes et identifier les zones susceptibles d’être vulnérables à la dégradation ou aux incendies.

Happy Kimvuela, participante de l’Unité de gestion des tourbières (UGT) au sein du Ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du Climat en République démocratique du Congo, a déclaré : « Nous espérons que ces échanges pourront se poursuivre, car ils jouent un rôle important dans le renforcement de nos capacités à gérer et protéger les écosystèmes de notre pays. »

Gloria Kusanika, de la Division des inventaires forestiers, Direction des inventaires et aménagement forestiers (DIAF), Ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du Climat (MEDD-NEC), République démocratique du Congo, a ajouté : « Les tourbières sont des écosystèmes extrêmement importants pour le climat, et la République démocratique du Congo en détient une part très importante. Cela rend leur suivi indispensable. Les outils que nous avons appris à utiliser lors de cette formation nous aideront à renforcer le suivi des tourbières, en nous appuyant sur l’expérience que nous avons déjà acquise dans le suivi d’autres écosystèmes. »

Les systèmes nationaux de suivi forestier permettent aux pays de suivre dans le temps l’évolution de la superficie forestière, de l’état des forêts et des stocks de carbone. Ils contribuent également au rapportage dans le cadre d’accords internationaux tels que la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

Renforcer la coopération régionale

Étant donné que de nombreux écosystèmes et pressions environnementales dépassent les frontières nationales, la coopération entre pays permet d’améliorer la cohérence et la pertinence des données forestières.

Les ateliers ont offert une plateforme d’échange entre experts des deux pays afin de partager leurs connaissances et d’explorer des possibilités d’harmonisation de certaines approches de suivi.

« Aujourd’hui, les données sont essentielles pour comprendre des écosystèmes comme les tourbières. L’utilisation d’outils et d’approches communs nous permet de collecter et d’organiser des informations fiables. À l’issue de cette formation, je me sens prêt à partager ce que j’ai appris avec mes collègues et d’autres jeunes professionnels afin que ces outils soient utilisés plus largement pour renforcer le suivi environnemental dans notre pays », a déclaré M. Bienvenu Mombouli, collaborateur au sein du Ministère de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo (MEDDBC).

L’amélioration de la comparabilité des méthodes de suivi peut aider les pays à mieux comprendre les dynamiques forestières à l’échelle régionale et à renforcer la crédibilité des processus nationaux de rapportage.

Perspectives

Ces ateliers constituent une étape importante dans le renforcement des capacités de suivi des forêts et des tourbières dans le Bassin du Congo. Un appui technique complémentaire sera assuré afin d’accompagner les institutions nationales dans l’application des méthodologies présentées et dans l’intégration du suivi des tourbières dans les systèmes existants de suivi forestier. L’équipe de formation de la FAO étudie également la possibilité d’organiser de courtes sessions techniques en ligne afin de permettre aux participants de continuer à utiliser les outils introduits et de maintenir la dynamique entre les activités de formation.

M. Narcisse Ofoulou, point focal tourbières au Ministère de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo (MEDDBC), a déclaré : « Il est important que les acteurs congolais s’approprient ces outils et apprennent à les utiliser efficacement afin d’assurer un suivi adéquat. Cela nous permettra de mieux comprendre ce qui se passe réellement dans les zones de tourbières, autrement dit les réalités des écosystèmes dans ces zones. C’est pourquoi nous avons constaté un fort engagement et un grand enthousiasme de la part des différentes parties prenantes. »

Alors que les pays de la région continuent d’améliorer leurs systèmes de suivi, des données forestières fiables resteront essentielles pour orienter les politiques, soutenir la gestion durable des forêts et protéger des écosystèmes critiques tels que les tourbières du Bassin du Congo.

Cette série d’ateliers est mise en œuvre dans le cadre du projet « Sécuriser des réserves cruciales de biodiversité, de carbone et d’eau dans les tourbières du Bassin du Congo grâce à une prise de décision fondée sur des données probantes et à une bonne gouvernance », dirigé par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), avec la FAO comme partenaire d’exécution, en collaboration avec le Ministère de l’Environnement, du Développement durable et du Bassin du Congo (République du Congo) et le Ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du Climat (République démocratique du Congo).

José Wakadila

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