C’est un séisme symbolique pour le paysage audiovisuel congolais. Des voix mythiques, des visages qui ont habité nos salons pendant des décennies s’effacent de l’écran.
En effet, Chantal Kanyimbo, Kabulo Mwana Kabulo, Jean Kasangana Mbengu… Au total, 500 agents et cadres de la RTNC tirent leur révérence.
Plus qu’un simple départ à la retraite, c’est une page d’histoire qui se tourne pour le média public. Ces figures de proue ne sont plus seulement des journalistes ; elles sont devenues des repères, des témoins privilégiés des soubresauts de la République.
Mais aujourd’hui, l’heure de la relève a sonné. Ce vaste plan de rajeunissement propulse une nouvelle génération sous les projecteurs : jeunes reporters, techniciens et administrateurs héritent désormais des manettes.
L’enjeu est colossal : au-delà du simple remplacement numérique, c’est la « renaissance » du média national qui est en jeu.
Dans un paysage médiatique en pleine mutation, dominé par l’instantanéité des réseaux sociaux et une concurrence féroce, une question brûle toutes les lèvres : cette jeunesse est-elle prête ? Entre l’héritage de la rigueur des anciens et l’exigence de modernité, la nouvelle garde devra prouver qu’elle peut être à la hauteur du prestige de la « Maison de Lingwala ».
Le départ à la retraite de la figure emblématique du journalisme sportif, Kabulo Mwana Kabulo, marque certainement la fin d’une époque pour la RTNC. L’éviction de ces voix historiques, reconnues par des millions de Congolaises et Congolais à travers le pays pour leur style unique et leur expertise, plonge le média public dans une incertitude identitaire, laissant une jeune garde face au défi de maintenir la crédibilité et l’audience.
Le défi est désormais lancé. Le futur de l’information publique au pays de Simon Kimbangu s’écrit dès aujourd’hui.
Philippe Dephill Lipo
