La signature de la Déclaration de principes entre le gouvernement congolais et la coalition M23/AFC, samedi dernier à Doha, n’a pas laissé le Cadre de concertation des forces politiques et sociales indifférent. Dans une déclaration rendue publique ce lundi 21 juillet, cette plateforme politique salue l’initiative mais alerte sur les limites du processus.
Le Cadre de concertation souligne d’emblée les tensions apparues dès la cérémonie de signature, où des divergences entre les parties ont ressurgi au grand jour.
« Ces désaccords trahissent les tensions persistantes qui opposent les parties et révèlent les fragilités de la médiation », estime la plateforme, appelant à un engagement plus actif de l’Union africaine et du tandem EAC-SADC pour dépasser les blocages.
Selon le cadre de concertation, la Déclaration de principes reste en deçà des attentes.
« Le règlement de la crise ne peut se limiter aux aspects militaires et sécuritaires », insistent les signataires, plaidant pour un véritable processus politique intégrant les dimensions institutionnelle, sociale et humanitaire.
Par ailleurs, le Cadre de concertation réitère son appel à un dialogue politique national, jugé indispensable pour stabiliser durablement le pays.
« Il ne s’agit pas d’un simple geste de bonne volonté attendu du pouvoir en place, mais d’une obligation morale et politique », avertissent Lubaya Claudel André et Seth Kikuni, signataires de la déclaration.
Le communiqué met également en garde contre la répétition des erreurs du passé.
« Le pays doit tourner la page des vieux démons qui entravent son progrès depuis 65 ans et ouvrir enfin un nouveau chapitre de sa vie nationale », peut-on lire.
Le Cadre appelle ainsi à un débat structuré, inclusif et respectueux des principes républicains, pour poser les bases d’un pacte social durable.
Pour rappel, le gouvernement congolais et les représentants du mouvement rebelle Alliance Fleuve Congo/M23 ont signé, le samedi 19 juillet à Doha, une Déclaration de principes. Un engagement solennel, facilité par l’État du Qatar, qui vise à poser les bases d’un futur accord de paix global dans l’est du pays.
Le document a été signé par Sumbu Sita Mambu, haut représentant du président congolais, et Benjamin Mbonimpa, secrétaire permanent du M23. Il marque la volonté partagée de tourner la page d’un conflit meurtrier.
Parmi les engagements prioritaires : un cessez-le-feu permanent, l’interdiction des hostilités militaires, des sabotages et de la propagande haineuse. Un mécanisme conjoint de vérification sera mis en place pour garantir le respect de cette trêve. Les parties promettent également de s’abstenir de tout acte ou discours compromettant le processus de paix.
Eldad B.
