Au moins 1 100 réfugiés afghans, actuellement bloqués dans un camp au Qatar, ont officiellement refusé d’être relocalisés en République démocratique du Congo, rapportent des médias étrangers.
Cette situation découle d’un projet de l’administration américaine visant à transférer ces anciens alliés (interprètes, agents de sécurité) vers des pays tiers comme la RDC.
Pourquoi refusent-ils de venir ? À en croire les propos rapportés par les migrants, par la voix de leurs représentants et d’ONG, plusieurs raisons majeures sont invoquées :
- Insécurité persistante : ils estiment que la République démocratique du Congo, déjà en proie à ses propres conflits armés et à une crise de déplacement interne massive, ne pourrait pas garantir leur sécurité.
- Absence d’attaches : les migrants soulignent qu’ils n’ont aucune famille sur place en RDC, qu’ils ne parlent pas les langues locales et qu’ils ne disposent d’aucun statut légal défini.
- Risque de déportation : ces migrants craindraient que le gouvernement congolais ne finisse par les renvoyer en Afghanistan, où ils risquent des représailles des talibans pour avoir collaboré avec les États-Unis.
- Promesse non tenue : ils exigeraient le respect de l’engagement initial de Washington, celui de les réinstaller sur le sol américain après leur évacuation de Kaboul en 2021.
En RDC, cette éventualité suscite également de vives critiques. Des figures de l’opposition, comme Martin Fayulu, auraient qualifié ce projet d’acte de « sabotage », s’inquiétant de la capacité du pays à absorber de nouveaux réfugiés alors qu’il compte déjà des millions de déplacés internes.
Pour l’heure, bien que des négociations soient rapportées par des médias étrangers, les autorités de la RDC n’auraient pas encore fait de déclaration officielle confirmant l’accueil de ce groupe spécifique.
Philippe Dephill
