Destitué de son poste de gouverneur de la province de la Tshopo par l’Assemblée provinciale à la suite du vote d’une motion de déchéance, Paulin Lendongolia Lebabonga n’a jamais démissionné.
Plus de vingt-quatre heures après sa défenestration par la première institution provinciale de la Tshopo, le désormais ex-chef de l’exécutif provincial n’a pas encore présenté sa démission, comme l’exige la loi.
Selon un communiqué publié le mercredi 29 octobre 2025 par l’Assemblée provinciale de la Tshopo, cet acte entraîne automatiquement la perte de son pouvoir d’engager la province.
L’institution dirigée par le docteur Mateus Kanga Londimo indique que, conformément aux textes en vigueur, le vice-gouverneur Didier Lomoyo Iteku assure désormais l’intérim et l’expédition des affaires courantes jusqu’à l’organisation des prochaines élections provinciales.
Qu’est-ce qui se cacherait derrière le refus de Paulin Lendongolia Lebabonga de démissionner ? Le gouverneur déchu compte-t-il saisir la Cour constitutionnelle pour contester sa destitution ? Peut-il espérer une réhabilitation ?
Une opinion politique estime qu’il serait préférable pour le natif du territoire de Banalia de jeter l’éponge. En effet, dans l’hypothèse où il insisterait et investirait beaucoup de moyens pour ce faire, il pourrait retomber dans le même piège. Cela est d’autant plus vrai que les députés provinciaux qui l’ont fait partir par la petite porte ne veulent visiblement plus de lui et ne manqueraient pas de griefs pour l’éjecter de nouveau.
Pourquoi le gouverneur déchu, qui avait promis de retourner à Kisangani au début de la semaine, continue-t-il de séjourner dans la capitale ?
Un gouverneur désavoué !
La destitution de Paulin Lendongolia Lebabonga n’a pas provoqué d’accrochages entre ses sympathisants et ses détracteurs. La ville de Kisangani est restée calme, et la population n’a fait qu’exprimer son approbation.
Ainsi, une mobilisation spontanée de conducteurs de motos avait été observée avant-hier à Kisangani autour du président de l’Assemblée provinciale, Mateus Kanga Londimo. Ces conducteurs s’étaient rassemblés en grand nombre pour manifester leur soutien à l’institution provinciale.
Dans leur cortège, ils scandaient des chants à la gloire des députés provinciaux qui ont récemment décidé de déchoir Paulin Lendongolia de ses fonctions de gouverneur. Cette démonstration de joie avait attiré l’attention de nombreux passants, témoignant de l’impact politique de cette décision au sein de la population locale.
Philippe Dephill Lipo
