Violation des droits de l’homme: La LICOPADEL dénombre 28 cas dans la période allant du 02 août au 02 septembre 2022

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Dans le cadre des programmes « Promouvoir la démocratie, les droits de l’homme, la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption » et « Accès à la justice et assistance judiciaires des personnes vulnérables », les membres de LICOPADEL (Ligue congolaise pour la paix, les droits de l’homme et les élections), se sont réunis en date du 05 septembre 2022 au siège de cette structure situé au n°390 sur avenue By Pass, quartier Salongo dans la commune de Lemba, pour évaluer et analyser tous les cas de violations des droits de l’homme et les avis de la population de la ville-province de Kinshasa, en rapport à la situation socio-économique durant la période du 02 août au 02 septembre 2022.

Dans un rapport rendu mis à la disposition de la presse le week-end dernier, la LICOPADEL qui est une Ong de défense des droits de l’homme et de la promotion de la culture démocratique, fait savoir qu’après analyse sur les enquêtes menées durant la période précitée, vingt-huit (28) cas de violation des droits de l’homme ont été dénombrés dans plusieurs quartiers de la capitale par une équipe composée de MM. Philippe Mangala Songa, Léonard Kanga Maluku, Baudric Babonga, Jean Matadi, Justin Anakeka et maîtres Sephora Kindele et Maxime Bazika.

Dans ce rapport, la LICOPADEL constate que, malgré les discours des autorités sur l’Etat de droit ; c’est-à-dire mettre fin à l’impunité et aux violences, les réalités sur terrain sont contraires. Ce qui fait que la RDC est loin d’un Etat de droit, pour la simple raison qu’elle souffre du manque d’application des textes juridiques relatifs au respect des droits de l’homme.

Le résultat de ce rapport ne concerne non seulement les cas de violations des droits de l’homme dans plusieurs communes et quartiers de la ville-province de Kinshasa (Matadi-Kibala, Cité-Verte, Marché Livulu, Mbanza-Lemba, Rond-poind Intendance, Makala, Ngaba, Kimbanseke, Masina, Limete-Kingabwa, Maluku, Nsele…), mais également les avis et préoccupations de la population sur la situation socio-économique et la tenue des élections dans le délai constitutionnel.

Il ressort des enquêtes menées par les experts de la LICOPADEL que, hormis les 28 cas de violations des droits de l’homme, il s’observe aussi des inquiétudes de la population de ces communes et quartiers sur l’insécurité. Sur 100¨% des personnes interrogées, 90% de la population kinoise vit chaque jour la surexcitation sensorielle (tapage diurne et nocturne) ; 85% de la population est victime des violations des droits socio-économiques et vit dans un environnement malsain.

A ce tableau, la LICOPADEL ajoute plusieurs cas des tortures physiques, psychologiques, pharmacologiques et celles découlant des conditions ambiantes (privation de sommeil, de lumière, mauvaises conditions hygiéniques…) auprès des détenus et des victimes des arrestations arbitraires qui subissent des tortures physiques (coups, mutilation, outrage aux valeurs morales…) par les policiers.

Des comportements qui ternissent l’image du pays

Selon le rapport de la LICOPADEL, la police pratique plusieurs arrestations arbitraires et illégales dans plusieurs quartiers de la ville de Kinshasa où les policiers arrêtent et confisquent les marchandises des femmes commerçantes de Matadi-Kibala et les libèrent après paiement des amendes au vu et au su de tout le monde. Même scène constatée sur les artères principales de la ville de Kinshasa, où les commerçants sont victimes des tracasseries policières. Ces derniers exigent de paiement allant de 500 à 1000 FC pour vendre sans être inquiéter. A ces tracasseries s’ajoute la menace persistante des bandits dénommés « Kulunas », qui sont dans la plupart des cas, arrêtés et libérés quelques temps après.

Le rapport de la LICOPADEL épingle également des cas des violations des droits de l’homme par les agents de la Police spéciale de roulage qui provoquent des infractions imaginaires et créent des embouteillages et contraventions fantaisistes pour contraindre les usagers de la route à des fortes amendes. La LICOPADEL dénonce également les tracasseries occasionnées par les agents des services de sécurité appelés « Bureau 2 », qui arrêtent, fouillent, dévalisent et extorquent des biens des paisibles citoyens… sans être inquiétés.

Dans ce même rapport, la LICOPADEL dénonce les cas des enfants à l’âge de scolarité dans les communes de N’Sele et Maluku, qui se livrent au commerce cacahouètes, des fruits, des feuilles de manioc, des légumes, de l’eau en sachet…, en violation de la Loi n°09/001 du 10 janvier 2009, portant protection de l’enfant. A cela s’ajoute le manque d’eau qui oblige la population de ces coins de recourir à la rivière Lufimi et à l’eau de marre, l’exposant ainsi à des maladies hybrides ; le manque d’électricité qui prive la population de ses droits socio-économiques ; le manque d’une justice équitable ; le non-respect du délai de garde à vue par la police ; le non-assistance judiciaire…

Dans ces mêmes coins de la capitale, la LICOPADEL a également dénombré trois (3 ) cas des violences sexuelles et deux (2) cas de mariage précoce, lesquels se terminent par des amendes et arrangements familiaux. Pour les détenus, la LICOPADEL dénonce le non-respect des droits fondamentaux de ces derniers, pourtant garantis par la constitution du 18 février 2006 et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques ratifié par la RDC.

Des recommandations 

Au regard de ce qui précède, la LICOPADEL invite le Chef de l’Etat et le gouvernement de la république, de s’impliquer pour qu’une justice équitable soit rendue pour tout le monde ; le Conseil supérieur de la magistrature devra prendre des sanctions sévères contre les juges fautifs ; tandis que les Cours et tribunaux doivent rendre leurs jugements dans le délai prévu par la loi.

La LICOPADEL demande également à la société civile, de vulgariser les lois sur les droits civils, politiques, socio-économiques et culturels et la Convention relative aux droits de l’enfant. Elle devra aussi sensibiliser les OPJ, les responsables des juridictions judiciaires et de la police nationale congolaise sur les droits de l’homme.

José Wakadila

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